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Mauritanie : les journaux privés en grève pour protester contre le gouvernement

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz. © AMI pour J.A.

Le gouvernement mauritanien a interdit aux administrations du pays de passer des annonces dans la presse nationale. Les journaux dénoncent une mesure qui étouffe encore un peu plus un secteur sinistré économiquement.

Mercredi, les kiosques étaient bien clairsemés en Mauritanie. Sur l’ensemble de la presse nationale, huit quotidiens et sept hebdomadaires privés avaient décidé de se mettre en grève. Et donc de ne pas paraître ce jour-là, pour alarmer l’opinion publique sur leur situation économique, particulièrement critique selon eux. Et pour cause, « la presse écrite se meurt à petit feu », affirme l’Initiative des Éditeurs de la presse écrite, formée des syndicats des journaux en grève.

Cette organisation dénonce une récente circulaire aux conséquences néfastes pour la presse locale : dans ce document, le gouvernement exige de ses administrations publiques de ne plus faire paraître de publicités dans les journaux mauritaniens. Et donc de ne plus financer en partie la presse. Cette circulaire devrait être prochainement doublée d’une loi sur la publicité, qui sera soumise au Parlement.

Absence de consultations

Les représentants de la presse mauritanienne ne digèrent pas de ne même pas avoir été consultés en amont, ce à quoi le gouvernement répond qu’il a pris cette décision pour mieux contrôler la répartition de ces revenus publicitaires entre les journaux et garantir la pluralité de la presse. En outre, il rappelle pour sa défense qu’il a mis en place ces dernières années un « Fonds d’appui à la presse » de 200 millions d’ouguiyas (500 000 euros), dont près du tiers va à l’imprimerie nationale au titre d’ « assistance à l’impression des journaux de la presse nationale ».

Cette grève d’une journée a été observée par des journaux en français et en arabe, considérés comme faisant partie des plus importants de Mauritanie. Mais les deux quotidiens publics, Chaab et Horizon, et d’autres journaux privés étaient malgré tout dans les kiosques.

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