Fermer

Aliko Dangote et Arsenal : tapis vert et billets verts

par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

L’homme d'affaires nigérian clame à qui veut l’entendre qu'il sera probablement à la tête, d’ici 2020, du mythique club anglais d'Arsenal. © Glez

L’homme le plus riche d’Afrique n’en démord pas : Aliko Dangote confirme qu’il entend être, d’ici 2020, à la tête du club de football britannique d’Arsenal.

Selon les grognons, l’Afrique serait en marge de tous les gros business médiatisés. Vraiment ? Pas sûr. Les fortunes africaines commencent à poindre dans l’un des secteurs où les billets de banque pleuvent depuis bien longtemps : le football. Si, traditionnellement, les portefeuilles de mécènes discrets servaient d’appoint au budget des clubs, ces derniers sont carrément devenus des « danseuses » pour milliardaires en manque de reconnaissance artistico-sportive.

À sa dimension congolaise, puis continentale, le club « Tout Puissant Mazembe », première équipe non européenne ou sud-américaine à accéder à la finale de la Coupe du monde des clubs, doit beaucoup au volontarisme du riche homme d’affaires –et opposant politique, faut-il le rappeler– Moïse Katumbi Chapwe.

Au plan international, et précisément sur le terrain européen où évoluent les plus célèbres équipes de football, nombre de fortunés se sont récemment offert des clubs comme on achète un jeu de ludo. En 2011, l’ex-tennisman et homme d’affaires qatarien Nasser Al-Khelaïfi devient président du conseil de surveillance du Paris Saint-Germain, par le biais du fonds souverain qatarien Qatar Investment Authority.

Les Africains doivent-ils se contenter de clubs locaux ? 

La même année, le milliardaire russe Dmitry Rybolovlev fait l’acquisition de 66,67 % des parts de l’AS Monaco. Il y a quelques semaines, c’est l’Américain Franck McCourt qui rachetait L’Olympique de Marseille.

Alors que les devises survolent allègrement les frontières, les Africains devront-ils se contenter de clubs locaux comme le « aussi-puissant-soit-il » Mazembe ? « No », répondent certains qui non seulement ne se mouchent pas avec le pied, mais n’utilisent pas la stratégie de la surprise.

Est-ce parce qu’on l’a abusivement annoncé mort, le 25 septembre dernier –garantie d’une longue vie dans la croyance populaire ouest-africaine– qu’Aliko Dangote a autant d’assurance ?

Dangote, supporter des Gunners depuis les années 1980

Considéré comme l’homme le plus riche d’Afrique, l’homme d’affaires nigérian clame à qui veut l’entendre qu’il sera probablement à la tête, d’ici 2020, du mythique club anglais d’Arsenal. Dans un entretien accordé à Bloomberg, le propriétaire de Dangote Cement, supporter des Gunners depuis les années 1980, a réitéré ce qu’il clame de longue date : il compte bien s’offrir le club londonien actuellement détenu par Arsenal Holdings et son actionnaire principal, l’homme d’affaires américain Stan Kroenke.

Serpent de mer nigérian ? En 2010, déjà, l’homme d’affaires avait envisagé, sans succès, d’entrer au capital du club à hauteur de 16 %. Selon Dangote, s’il n’a pas encore concrétisé l’acquisition, c’est juste qu’il a actuellement d’autres priorités qui devraient moins occuper son esprit d’ici trois à quatre ans.

L’argent ? Pas un problème

Et l’argent ne serait pas « un problème » dans ce dossier, quand bien même le milliardaire –plus spécialisé dans le ciment et l’agro-alimentaire que dans le ballon rond – a traversé une année difficile, notamment du fait de la dévaluation de la monnaie nigériane. Année en dents de scie qui n’aurait tout de même pas fait chuter sa fortune à moins de 10 milliards de dollars. Quand la mettra-t-il au fond des filets ?

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici