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Israël : l’ancien président Shimon Peres est mort à l’âge de 93 ans

Par Jeune Afrique avec AFP

Shimon Peres le 9 mai 2016 à Herzlyia près de Tel Aviv. © AHMAD GHARABLI/AFP

L'ancien président israélien Shimon Peres est mort mercredi. Prix Nobel de la Paix en 1994, dernier grand artisan des accords d'Oslo signés l'année précédente, il était l'un des derniers artisans du dialogue israélo-palestinien encore en vie après la disparition de Yasser Arafat et d'Yitzhak Rabin.

Depuis deux semaines, les médecins jugeaient son état « critique ». Victime d’un AVC suivi d’une hémorragie cérébrale le 13 septembre dernier, l’ancien président israélien Shimon Peres était hospitalisé sous assistance respiratoire. Malgré une légère et temporaire amélioration de son état, l’ancien dirigeant s’est éteint dans la nuit de mardi à mercredi, entouré de ses proches, et notamment de son gendre, qui était également être son médecin personnel. Shimon Peres avait 93 ans, et une vie bien remplie, qui recoupe l’histoire riche et tumultueuse du conflit israélo-palestinien.

Dernière figure de proue d’une génération

Shimon Peres était le dernier grand dirigeant à avoir connu la fondation de l’État d’Israël, le dernier grand artisan d’un dialogue israélo-palestinien aussi. Lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1994 en compagnie d’Yithzak Rabin et de Yasser Arafat pour le travail accompli lors de la signature des accords d’Oslo l’année précédente, il restait le dernier grand artisan de ce pas en avant vers une possible conciliation entre les deux peuples.

Longtemps conspué par une partie de la classe politique de son pays, Shimon Peres avait acquis, sur la fin de sa carrière, le statut de sage de la nation, respecté de tous pour le travail accompli. Malgré les accords d’Oslo et malgré la conversion à la paix de l’ancien faucon travailliste, les Palestiniens ont une vision bien plus noire de celui qui a cautionné les premières colonies juives en Cisjordanie occupée et qui était Premier ministre quand l’aviation israélienne a bombardé le village libanais de Cana, tuant 106 civils en avril 1996. Il n’en demeure pas moins que Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, lui a rendu hommage en saluant un « partenaire courageux pour la paix ».

Hommages de la classe politique israélienne et internationale

Les responsables israéliens ont défilé ces deux dernières semaines à l’hôpital Tel-Hashomer de Ramat Gan, proche de Tel-Aviv, où Shimon Peres avait été admis : Benyamin Netanyahu ou le président Reuven Rivlin, le chef de l’opposition travailliste Isaac Herzog ou le ministre ultra-orthodoxe de l’Intérieur Arye Deri, tous sont venus à sa rencontre.

« Il y a peu de personnes avec lesquelles nous partageons ce monde et qui changent le cours de l’histoire humaine. Mon ami Shimon était une de ces personnes », a fait savoir le président des États-Unis Barack Obama. L’ancien président américain Bill Clinton, qui supervisa en 1993 la signature à Washington des accords d’Oslo entre Israéliens et Palestiniens, a quant à lui rendu hommage à « un génie au grand coeur ». Le président français, François Hollande, a pour sa part estimé qu’ « Israël perd un de ses hommes d’État les plus illustres, la paix un de ses plus ardents défenseurs, et la France un ami fidèle ».

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