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La BAD à la rescousse du Nigeria

Akinwumi Adesina, président de la BAD, le 17 avril 2016 à Washington. © Paul Morigi/AP/SIPA

La Banque africaine de développement s'est engagée à apporter 4,1 milliards de dollars dès 2016 et 2017 à la relance de l'économie nigériane, tout juste tombée en récession et plombée par la dépendance de ses finances publiques au pétrole.

Renfort de poids pour le Nigeria dont l’économie est officiellement tombée en récession début septembre : en visite lundi, son président Akinwumi Adesina, lui-même ancien ministre nigérian de l’Agriculture qui y effectue son premier déplacement officiel depuis sa prise de fonction à la Banque africaine de développement (BAD) en septembre 2015, a annoncé un renforcement des interventions de l’institution financière panafricaine.

Un premier prêt d’un milliard de dollars sera présenté au conseil d’administration de la BAD dans un délai d’un mois, a-t-il indiqué. Kemi Adeosun, la ministre nigériane des Finances, a précisé qu’il serait consenti au taux concessionnel de 1,2% sans détailler sa durée. L’objectif de cette rallonge est de combler un budget nigérian lourdement impactée par des cours du pétrole, en chute depuis la mi-2014, qui reste sous les 45 dollars selon l’OPEP mardi, et dont le Nigeria est très tributaire.

Au total, Akinwumi Adesina s’est engagé sur 4,1 milliards de dollars en 2016 et 2017, selon Reuters. Ces montants, qui pourraient être portés à 10 milliards de dollars d’ici 2019 et viseront en priorité l’énergie et l’agriculture, s’ajouteront à un portefeuille d’investissements actuel d’une valeur cumulée de 4,6 milliards de dollars.

Le Nigeria fait feu de tout bois pour financer son déficit

Pas plus tard que la semaine dernière, le gouvernement annonçait d’ailleurs avoir des engagements fermes de la part de plusieurs investisseurs pour l’émission prévue d’un eurobond à un milliard de dollars. En début d’année, des demandes de prêts, d’un total de 3,5 milliards de dollars avaient également été adressées à la Banque mondiale et à la BAD, alors que la patronne française du FMI, Christine Lagarde, avait quant à elle estimé qu’un prêt au Nigeria n’était pas à l’ordre du jour.

L’annonce de la BAD constitue donc une  petite bouffée d’air sans doute bienvenue au moment où le Nigeria est officiellement entré en récession, et que les autorités d’Abuja tâchent de financer un budget 2016 extrêmement ambitieux, prévoyant de recourir abondamment à l’emprunt pour ce faire.

Une équation complexe alors que les exportations de pétrole représentent, certes une part minoritaire du PIB, mais 70% des revenus de l’État et 98% de ses entrées de devises étrangères. Pour compliquer encore un peu plus la donne pétrolière, des attaques répétées contre les infrastructures pétrolières se sont multipliées depuis le début de l’année dans le delta du Niger, dans le sud-est du Nigeria.

Naira

Enfin, l’économie souffre aussi de la dégringolade du naira. Le 22 septembre, la monnaie nationale tombait à 436 unités pour un dollar sur le marché parallèle, son plus bas niveau depuis 11 ans selon Reuters, alors que la pénurie de dollars au change officiel se poursuivait sur fond d’épuisement des réserves de billets verts. Celles-ci ont atteint 24,83 milliards de dollars le 19 septembre, en recul de 3,4% sur un mois, les importateurs se tournant vers le marché parallèle pour se refinancer en dollars. Le naira a clôturé la semaine dernière à 305,5 unités pour un dollar au change officiel, son niveau depuis un mois.

Une situation dont  Akinwumi Adesina a appelé à tirer profits, en promouvant d’autres secteurs de l’économie nigériane que le pétrole, à commencer par l’agriculture et l’agroalimentaire. C’est d’ailleurs l’un des secteurs qui sera visé par le prêt de la BAD, avec 300 millions de dollars fléchés vers l’emploi des jeunes dans l’agroalimentaire.

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