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Destruction des mausolées de Tombouctou : les habitants suspendus au verdict de la CPI

Par Jeune Afrique avec AFP

Ahmad al-Mahdi devant la CPI, le 30 septembre 2015. © Robin van Lonkhuijsen/AP/SIPA

En attendant le verdict de la Cour pénale internationale dans le jugement du Touareg malien Ahmad al-Mahdi, les habitants de Tombouctou espèrent que l'homme, accusé d'avoir détruit les mausolées de la ville, sera durement condamné.

Le verdict devrait tomber mardi 27 septembre dans l’après-midi, et il est attendu avec impatience par beaucoup d’habitants de Tombouctou et de Maliens en général. Le Touareg malien Ahmad al-Mahdi est actuellement jugé par la Cour pénale internationale pour la destruction de neuf mausolées et d’une porte de la mosquée de Sidi Yahia, monuments inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Lors des auditions, Ahmad al-Mahdi a déjà plaidé coupable et demandé pardon. Une question demeure donc : quelle sera la peine infligée à cet homme ? Dans les rues de la ville, beaucoup d’habitants se la posent.

Le président du conseil communal de la jeunesse de Tombouctou, Salah Maïga, interrogé par l’AFP, se rappelle avoir vu quotidiennement Ahmad al-Mahdi, sans jamais avoir de lien avec lui. « On était là avec des barbares, des gens sans loi, sans croyance, qui se réclament de l’islam », accuse-t-il, affirmant attendre de la CPI « un procès juste, de quelqu’un qui a détruit quelque chose qui appartient à l’humanité tout entière ». « Le pardon, quand on le demande, pour tout musulman c’est normal de l’accepter, quel que soit le mal qu’il ait eu à te faire. On est prêts à accepter son pardon et on est prêts à lui pardonner », assure-t-il lui aussi.

« On ne peut pas détruire impunément un sanctuaire du Patrimoine mondial »

El-Boukhari Ben Essayouti, expert culturel et chef de la Mission culturelle de Tombouctou qui a piloté le projet de réhabilitation des sites conduit par l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), insiste, au-delà de l’importance de la peine de prison qui sera prononcée, sur la « dimension pédagogique, didactique » du procès.

« Il faut que le procès serve à quelque chose, que cela puisse signifier à tous qu’au même titre qu’on ne peut pas tuer impunément un être humain, on ne peut pas détruire impunément un sanctuaire du Patrimoine mondial », explique-t-il.

Mais à travers le pays, beaucoup de Maliens craignent que ce procès ne reste un cas aussi symbolique qu’isolé et que l’exigence de justice soit sacrifiée à une réconciliation nationale encore fuyante.

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