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Boko Haram : l’armée nigériane traite Shekau de « fou » et annonce avoir tué 22 jihadistes

Par Jeune Afrique avec AFP

Abubakar Shekau dans une vidéo datée du 12 mai 2014. © AP/SIPA

Annoncé mort ou grièvement blessé, le chef de Boko Haram Abubakar Shekau a fait une réapparition dans une vidéo dimanche. Dans la foulée, l'armée nigériane l'a qualifié de "fou" et de "malade mental", répliquant à ses provocations en annonçant la mort de 22 jihadistes de Boko Haram dans un raid lancé dimanche.

La réponse ne s’est pas faite attendre. Dimanche, l’armée nigériane a répliqué aux déclarations tapageuses du leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, apparu dans une vidéo diffusée dans la nuit de samedi à dimanche. Ce dernier, annoncé mort ou grièvement blessé par le gouvernement d’Abuja depuis un raid aérien lancé le 23 août dernier, a longuement provoqué le président nigérian Muhammadu Buhari et poursuivi son retour médiatique sur le devant de la scène : « Vous avez dit sur les réseaux sociaux m’avoir blessé ou m’avoir tué », lance Shekau dans une vidéo d’une quarantaine de minutes, diffusée sur Youtube. « Mais je suis heureux, en bonne santé et en sécurité. Je vais parfaitement bien. »

Shekau « mentalement dérangé », affirme l’armée

Face à cet affront, l’armée se devait de réagir. Elle l’a donc fait en deux temps. D’abord, par voie de communiqué, en réagissant aux déclarations de Shekau. Le porte-parole de l’armée, le colonel Sani Usman, n’a pas mâché ses mots puisqu’il a tout simplement qualifié ce dernier de « malade mental » et de « fou » : « Il tente de nier le raid aérien conduit par la Nigerian Air Force, dans lequel il a été blessé. Mais cette vidéo prouve une fois encore que le chef de cette faction terroriste est mentalement dérangé », a déclaré l’officier.

Dans la foulée, plusieurs hommes armés ont attaqué un poste de l’armée dans l’État de Borno, fief de Boko Haram. Les soldats ont répliqué, faisant 22 morts parmi les assaillants, selon Sani Usman : « Nos militaires ont riposté efficacement en tuant 22 combattants », a-t-il commenté sobrement.

Résurrection médiatique 

Abubakar Shekau, à la tête de Boko Haram depuis 2009, se faisait très discret ces dernières années. Mais depuis un mois, il multiplie les apparitions et les prises de parole. Une stratégie médiatique destinée à affirmer son emprise sur le groupe jihadiste, alors que le groupe Etat islamique (EI), auquel Boko Haram a prêté allégeance en mars 2015, a en effet officiellement désigné début août 2016 un nouveau chef de l’organisation, Abou Mosab Al Barnaoui.

Le 4 août, au lendemain de cette annonce dans l’hebdomadaire de l’EI, Shekau a diffusé un message audio pour assurer qu’il était « toujours là ». Dix jours plus tard, plusieurs lycéennes de Chibok, enlevées il y a plus de deux ans, réapparaissaient dans une vidéo postée sur Youtube.

Guerres intestines au sein de Boko Haram

A la mi-septembre, à l’occasion des célébrations de la fête musulmane de l’Aïd, et après l’annonce du raid de l’armée, des centaines de villageois, imams et combattants apparaissaient dans une autre vidéo pour rappeler que « le califat islamique était toujours sous le contrôle d’Abubakar Shekau ».

La bataille interne pour contrôler le mouvement jihadiste se traduit sur le terrain dans des combats comme à Monguno, dans l’Etat du Borno, début septembre, où plusieurs combattants de la faction de Shekau ont été tués par leurs rivaux. Mais elle se fait aussi par une guerre de propagande.

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