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Obama inaugure un musée pour mieux comprendre l’histoire afro-américaine

Par AFP

Barack Obama lors d'une réception à la Maison Blanche à l'occasion de l'ouverture du Musée de l'histoire et de la culture afroaméricaine, le 23 septembre 2016 à Washington. © Zach Gibson/AFP

Barack Obama a inauguré samedi le musée de l'histoire afro-américaine à Washington, symbole de la place centrale des Noirs aux Etats-Unis, dans l'espoir qu'il servira de trait d'union dans un contexte racial tendu.

Des milliers de personnes, en écrasante majorité des Noirs, ont convergé des quatre coins de l’Amérique pour assister à l’ouverture du musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine (NMAAHC), situé sur le National Mall, cette immense coulée verte à deux pas de la Maison Blanche.

Une série de concerts au ton engagé, dénonçant le racisme et les brutalités policières, a accompagné l’inauguration.

« Le musée de l’histoire afro-américaine n’est pas séparé de l’histoire plus large de l’histoire américaine, ce n’est pas le côté caché de l’histoire américaine, c’est central à l’histoire américaine », a assuré le premier président noir des Etats-Unis, sous l’ovation du public et les applaudissement d’un parterre de responsables politiques.

« Nous ne sommes pas un fardeau ou une tache pour l’Amérique (…) Nous somme l’Amérique », a-t-il lancé, sur l’esplanade du musée, un imposant bloc ultra-moderne et paré de bronze.

Le candidat à la présidentielle Donald Trump, qui peine à séduire les électeurs noirs et a tenu des propos controversés sur les tensions raciales, a jugé lui aussi le musée « magnifique » et salué « la contribution incroyable » des Noirs à leur pays.

Le NMAAHC, un projet centenaire enfin finalisé, rassemble des milliers d’objets racontant l’histoire des Noirs, de l’esclavage à l’accès aux droits civiques en passant par la ségrégation, ainsi que leurs contributions dans la culture, le sport et la société.

« Je me sens fière » au moment d’assister à ce moment historique, « en raison des sacrifices que tant de personnes ont consentis pour que cela se produise », a confié à l’AFP Karmello Colman, une Noire d’une soixantaine d’années venue de Kansas City, dans le Missouri.

Celle qui assure « être dans le déni depuis plusieurs mois » lorsqu’elle pense au mandat de Barack Obama arrivant à son terme en janvier prochain, attendait de ce dernier qu’il évoque « les questions qui nous affectent aujourd’hui, comme la division raciale, les relations entre police et communauté » noire.

Seul un « battement de cil » nous sépare du passé esclavagiste de l’Amérique, a rappelé le pensionnaire de la Maison Blanche. « C’était seulement hier et donc nous ne devons pas être surpris que toutes les plaies ne soient pas refermées. »

« Aider à nous voir »

« Mais ce musée nous montre que même face à l’oppression, même face à une difficulté inimaginable, l’Amérique est allée de l’avant », a-t-il insisté.

En plein regain de tensions raciales, il a assuré que le musée « procure un contexte pour les débats de notre époque ». « Il les éclaire, et donne une idée de comment ils ont évolué. Et peut-être en donne la proportion. Il peut, peut-être, aider un visiteur blanc à comprendre la souffrance et la colère de manifestants, dans des endroits tels que Ferguson et Charlotte », deux villes théâtres d’émeutes après la mort d’un Noir tué par la police, en 2014 et ces derniers jours à Charlotte.

« Ce musée peut nous aider à nous parler. Et plus important, à nous écouter et encore plus important à nous voir », a énuméré Barack Obama après avoir multiplié les anecdotes et récits sur la vie des Noirs aux époques esclavagiste et ségrégationniste, rappelant à plusieurs reprises le chemin parcouru.

Venu de New York pour l’occasion, Derek Jones, un Noir de 50 ans — qui en paraît vingt de moins — a reconnu que « la lutte raciale va continuer tant que l’on ne s’attaquera pas au problème à bras le corps ».

Mais « une occasion comme celle-là peut montrer le chemin vers la cicatrisation », a-t-il assuré à l’AFP.

Pour inaugurer le musée, Barack Obama a invité les quatre générations vivantes d’une famille noire, descendante d’esclave, avec qui il a sonné la cloche de l’ouverture, main dans la main.

« L’Amérique est le seul endroit au monde », s’est-il réjoui, « où cette histoire peut se produire ».

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