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Togo : polémique autour de l’organisation du sommet africain sur la sécurité maritime

La place de l'indépendance au quartier administratif de Lomé. © DR

Le sommet sur « la sûreté et la sécurité maritimes et le développement en Afrique » se tiendra à Lomé du 10 au 15 octobre. À quelques jours de l’ouverture de la rencontre, la capitale subit un lifting pour accueillir les délégations étrangères.

L’image des véhicules de luxe de marque Chrysler en cours d’immatriculation pour le sommet de l’Union africaine organisé du 10 au 15 octobre à Lomé circule, depuis quelques jours, sur le réseaux sociaux. Ce qui alimente une polémique sur l’opportunité de l’accueil d’une telle rencontre par le Togo. Pourtant à quelques jours de l’événement, la capitale se prépare activement à dérouler le tapis rouge aux participants.

Préparatifs conformes au chronogramme

À l’annonce de l’accueil de ce sommet sur « la sûreté et la sécurité maritimes et le développement en Afrique », une commission nationale a été mise en place par les autorités togolaises. Sa mission, assurer un bon accueil aux chef d’États et aux officiels attendus.

Fin 2015, un collectif budgétaire de 5,3 milliards de francs CFA a été adopté pour le Sommet. Ce dernier a malgré tout été reporté deux fois pour diverses raisons liées notamment aux préparatifs et à l’agenda de l’Union africaine.

Depuis, la commission nationale chargée de la préparation matérielle et logistique a réussi à conformer ses actions au chronogramme préétabli, selon une communication présentée le 25 août par son président, le Général Essofa Ayeva. 66 hôtels offrant une capacité de 3 000 chambres, dont 1 500 chambres pour les établissements de 3 à 5 étoiles ont été retenus pour accueillir toutes les délégations.

Les hôtels ont été choisis sur le critère de proximité au Radisson Blu hôtel 2 février qui accueillera les travaux de ce sommet. Les chef d’États seront logés dans les villas des hôtes de marques situés dans la cité OUA (quartier de la présidence).

Pour la logistique aéroportuaire, des dispositions sont prises pour qu’une partie des avions présidentiels et privés soit stationnée à Niamtougou (Nord du pays) après le débarquement des passagers à Lomé. Près de 500 véhicules avec immatriculation spéciale sont mobilisés pour l’occasion. Outre ces préparations matérielles et logistiques, le dispositif sécuritaire est renforcé depuis quelques semaines dans la capitale togolaise avec le déploiement de près d’un millier d’éléments des forces de l’ordre.

Protestations

L’organisation de ce sommet au Togo est décriée par une partie de l’opposition togolaise. Son chef de file, Jean-Pierre Fabre a indiqué début septembre lors d’une rencontre avec le ministre de l’Administration territoriale ne trouver aucun intérêt à ce qu’il qualifie de « gaspillage pur ». « L’État des finances du Togo ne lui permet pas d’organiser tout seul ce sommet. Il y a des priorités qui auraient pu faire en sorte que le Togo décline l’offre», s’est-il justifié.

D’autres responsables de l’opposition reprochent à l’organisation, des dépenses onéreuses, notamment dans la location des hôtels et surtout l’achat des voitures devant servir au transport des chefs de délégations. La presse évoque une trentaine de véhicules de marques Chrysler et Mercedes.

Pour Brigitte Adjamagbo Johnson, « on ne saurait accompagner le gouvernement dans cette entreprise ». Sa formation politique reste « dubitative quant aux retombées de cette conférence sur le quotidien des Togolais, au regard des milliards de francs CFA qui sont dépensés ».

Face à ceux qui dénonce l’accueil du sommet, la réponse des autorités reste claire. Plus de 90% du commerce africain se fait par voies maritimes. « Le Golfe de Guinée est devenu un enjeu principal pour les pirates et le Togo a déjà été attaqué plus de dix fois », indique-t-on au niveau du côté de la diplomatie togolaise.

Plusieurs partenaires (France, Union européenne, Chine…) soutiennent la tenue de ce sommet à Lomé. La Chine a d’ailleurs offert ce 23 septembre des bus et du matériel informatique, dons évalués à plus de 650 000 euros pour l’organisation.

La dernière rencontre d’envergure continentale organisée au Togo est le 36e et ultime sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en juillet 2000.

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