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Koffi Olomidé, papa cogneur ambassadeur ? Une intox assurément !

par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Koffi Olomidé n'a en réalité pas été nommé "Ambassadeur de la femme" par l'Union africaine. Et on comprend bien pourquoi. © GLEZ

Koffi Olomidé tiendrait-il une occasion en or pour redorer son blason auprès de la gent féminine qu’il a scandalisée, pas plus tard qu’en juillet dernier ? La toile bruisse de sa nomination comme "Ambassadeur de la Femme" par l'Union Africaine… En réalité, il s'agit d'une intox.

« Si tu n’as pas la force du voleur, aide-le à porter le butin », dit un proverbe ouest-africain, comme s’il fallait se résigner à accompagner le malfaiteur, quand on n’a pas les moyens de contrôler le méfait.

Selon moult sites africains, l’Union africaine aurait nommé Antoine Christophe Agbepa Mumba au poste d’ »Ambassadeur de la Femme Africaine », personnalité chargée de promouvoir l’égalité homme-femme, le respect et la non-violence envers les femmes. Surprenant, si l’on considère que ce patronyme cache en réalité l’artiste Koffi Olomidé, fondateur et dirigeant du groupe Quartier Latin International…

L’annonce de cette nomination : une intox

L’annonce de cette nomination est en réalité un fake, comme nous l’a confirmé l’Union africaine. Il faut dire que la star n’a pas toujours été tendre envers les « koffiettes ».

En témoigne son pedigree judiciaire : en février 2012, l’auteur-compositeur est mis en examen par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre pour viol et séquestration de trois ex-danseuses de son groupe. Le 22 juillet dernier, il est arrêté et placé en garde-à-vue à Nairobi, quelques heures après avoir donné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses en public. Quatre jours plus tard, il est interpellé par le chef de la police de Kinshasa, placé en détention provisoire à la Prison de Makala pour « coup et blessures volontaires » puis libéré sous caution.

Comment comprendre qu’on confie le Petit poucet au grand méchant loup ?

Pourquoi aurait-on confié le Petit poucet au grand méchant loup ? Une telle nomination, si elle avait lieu, pourrait dissimuler une punition, une sorte de travail d’intérêt général.

Si « Mopao » se surnomme le « treizième apôtre », c’est qu’il a le sens de la contrition et de la rédemption. Sans doute, de surcroît, les lettres de créances seraient-elles de nature à engourdir le pied du chanteur, la prochaine fois que viendrait à ce dernier la tentation de le projeter dans une côte féminine.

Bien sûr, si l’Union africaine avait réellement l’intention de confier le sort des femmes au roi du N’dombolo, ça serait comme si Yahya Jammeh avait confié sa sécurité à Momodou Alieu Bah, l’officier condamné en 2006 pour une tentative de putsch contre le président gambien. Ah ben tiens, c’est ce qui vient d’arriver…

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