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Gabon : le pays sous tension à l’approche du verdict de la Cour constitutionnelle

Par Jeune Afrique avec AFP

Jean Ping et Ali Bongo Ondimba étaient les deux candidats favoris de la présidentielle de 2016. © Vincent Fournier/JA

Le Gabon se réveille vendredi avec la peur de nouvelles violences et dans l'incertitude la plus totale alors que la Cour constitutionnelle doit trancher sur le contentieux électoral entre le président sortant Ali Bongo Ondimba et son rival Jean Ping.

Aux abois depuis des semaines, les Gabonais ne savent même pas si la Cour rendra sa décision ce vendredi, dans les délais prévus par la Constitution, soit quinze jours après le recours de Jean Ping contre la réélection d’Ali Bongo.

La présidente de la Cour, Marie-Madeleine Mborantsuo, a laissé elle-même planer le suspense jeudi soir à l’issue d’une séance publique, où les avocats d’Ali Bongo et Jean Ping ont procédé à une dernière passe d’armes.

« L’affaire est mise en délibéré. En principe, la décision pourrait être rendue à l’audience du 23 septembre, mais je demande au greffier de communiquer la date exacte, l’heure exacte aux conseils des deux partis », a déclaré la femme qui tient entre ses mains l’avenir du pays.

Précaution 

Par crainte de nouvelles violences qui pourraient éclater à la suite de la décision de la Cour, si celle-ci venait à être prononcée ce vendredi, dans la capitale Libreville, les commerçants s’affairent déjà à protéger leurs commerces. Certains vident même leur stock de marchandises, par peur que les pillages massifs ne se répètent.

Dans les cliniques et hôpitaux du centre-ville ayant accueilli début septembre des blessés par balle, la peur d’une nouvelle vague de violences meurtrières est palpable.

Après la proclamation des résultats contestés le 31 août, le pays s’était enflammé. Les principales émeutes avaient eu lieu à Libreville, où le ministère de l’Intérieur avait annoncé 800 arrestations à Libreville et 300 dans les provinces.
 
Deux plaintes en France après l’assaut du QG de Jean Ping

Point d’orgue des violences, l’assaut donné contre le QG de Jean Ping dans la nuit du 31 août au 1er septembre. Selon l’opposition, des dizaines de personnes y avaient été tuées et des dizaines d’autres blessées. Un bilan impossible à confirmer, alors que le pouvoir fait pour sa part état de quatre morts.

À Paris, l’assaut contre le QG de Jean Ping a donné lieu au dépôt de deux plaintes de Franco-Gabonais mercredi 21 septembre pour « arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité », a affirmé à l’AFP William Bourdon, l’un des avocats saisis. Ce dernier compte également  saisir la Cour pénale internationale (CPI) à ce sujet, a-t-il précisé.

Déclarations interposées

Alors que le pays retient son souffle à 24h de la proclamation de la Cour constitutionnelle, les deux camps continuent de s’affronter par déclarations interposées. Lors d’une conférence de presse mercredi, le porte-parole du gouvernent, Alain-Claude Bilie-By-Nze, assurait que « des éléments indiquaient que de nouvelles violences se préparent ».

« Nous ne sommes pas dans un état d’esprit tel que nous arrêterons Jean Ping. Mais s’il franchit la ligne rouge, il sera arrêté », prévenait-il.

L’équipe de Jean Ping ferme la porte au dialogue proposé par ABO 

Quelques heures plus tard, l’équipe de Jean Ping avait fermé la porte au dialogue proposé par Ali Bongo Ondimba. « Comment envisager une rencontre si la vérité des urnes n’est pas rétablie ? », répondait le porte-parole de l’ancien patron de l’Union africaine.

Preuve du climat de tension, deux camions militaires campaient jeudi midi devant le domicile de Jean Ping, selon son équipe de campagne. Un climat de vive tension, alors que la Cour constitutionnelle s’apprête à rendre une audience publique, préalable à sa décision cruciale, attendue pour vendredi.

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