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Violences en RD Congo : l’ONU insiste sur la tenue d’une élection, Kabila joue la carte de l’apaisement

Par Jeune Afrique

Des Casques bleus sécurisent la ville de Kinshasa, le 20 septembre 2016. © John bompengo/AP/SIPA

Le Conseil de sécurité de l'ONU a lancé mercredi un appel au calme en République démocratique du Congo (RDC) et insisté sur "l'importance cruciale" de la tenue d'une élection présidentielle "dans le respect de la constitution". Le président Joseph Kabila a quant à lui présenté ses condoléances aux victimes dans un communiqué et renouvelé son appel au dialogue.

Les membres du Conseil de sécurité « condamnent fortement la violence qui a déjà conduit à la mort d’au moins 32 personnes, dont quatre policiers », lundi et mardi à Kinshasa, selon la déclaration.

Une élection coûte que coûte selon l’ONU

Ils appellent « toutes les parties à éviter de futures violences et provocations et à régler pacifiquement leurs différends » et demandent aux autorités de « respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, particulièrement la liberté de rassemblement ».

Le Conseil de sécurité a insisté sur « l’importance cruciale de la tenue d’une élection présidentielle pacifique, crédible, transparente, dans les délais opportuns et dans le respect de la constitution ».

Pendant deux jours, Kinshasa a été le théâtre de violences au bilan toujours disparate : l’opposition dénombre 100 morts et plus de 1000 blessés, tandis que les autorités pour leur part font état de 32 morts, « pour beaucoup par balles ». Des heurts ont éclaté en marge d’une manifestation consécutive à l’appel du « Rassemblement » constitué autour du vieil opposant Étienne Tshisekedi à trois mois et un jour de la fin du mandat du président en exercice, Joseph Kabila, pour lui signifier son « préavis ».

« Dialogue national » menacé

Dans un communiqué diffusé mercredi, Joseph Kabila a présenté ses condoléances aux familles endeuillées, promettant « aux victimes tout son soutien à l’action judiciaire engagée ce mercredi ». Une déclaration qui emboîte le pas de celle du Procureur général de la République qui s’est engagé à poursuivre les auteurs de ces crimes. « La police nationale a été saisie pour rechercher activement les auteurs matériels et intellectuels de ces faits graves d’assassinat. Il y a eu mort d’hommes, des pillages, des vols à l’aide de violence, des tentatives de viol, des viols. »

« Le recours à l’insurrection ne peut constituer une alternative au dialogue en cours », indique aussi Joseph Kabila dans son communiqué. Enfin, il appelle à rejoindre le dialogue national « en vue de renforcer le consensus électoral et politique en construction et d’épargner à notre peuple des souffrances injustifiées ».

Un dialogue national qui a pourtant sérieusement du plomb dans l’aile. Une partie de l’opposition a  en effet choisi de le boycotter dès son ouverture le 1er septembre, et plus récemment, l’Union africaine et la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) ont annoncé qu’elles suspendaient leur participation, « par respect pour les victimes », « pour faire le deuil et rechercher un consensus plus large ».

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