Fermer

Mali : la Mission de l’ONU inquiète après la reprise des combats autour de Kidal

Par Jeune Afrique avec AFP

Des membres du MNLA devant le gouvernorat de Kidal, en juillet 2013. © Rebecca Blackwell / AP / SIPA

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) s'est dite inquiète des conséquences pour le processus de paix de récents combats autour de Kidal, dans le nord-est du pays, entre groupes armés signataires de l'accord de paix.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi, la Minusma note que « depuis plusieurs jours de sérieux accrochages impliquant les parties signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali se déroulent dans la région de Kidal. Ces affrontements, en plus de constituer des violations répétées des accords de cessez-le-feu, mettent en péril les progrès réalisés jusque-là dans la mise en œuvre de l’Accord de paix. »

La Mission de l’ONU exhorte les signataires de l’accord « à prendre des mesures immédiates garantissant la protection des civils et à s’abstenir de toute action de nature à déclencher une reprise des hostilités ».

Des affrontements entre le Groupe d’autodéfense targui Imghad et alliés (Gatia, pro-gouvernemental) et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion) ont effectivement eu lieu à 85 km au nord-est de Kidal le 16 septembre, faisant une dizaine de morts.

« Le protocole d’entente est caduc »

Le Gatia a également revendiqué en début de semaine la prise d’In Khalil, une localité stratégique à la frontière algérienne, par laquelle transitent toutes les marchandises d’Algérie vers le nord du Mali, ainsi que certains trafics, et d’Inekabawatane. « Dès notre arrivée, les combattants de la CMA ont fui », a déclaré à l’AFP, Mohamed Ag Télouf, un combattant du Gatia, joint par téléphone.

En vertu d’un protocole d’entente signé entre le Gatia et la CMA, In Khalil devait être accessible à tous les combattants des deux groupes. Par la prise de cette localité, « le Gatia veut dire que le protocole d’entente est caduc et obliger la CMA à sortir de Kidal pour se battre », a commenté l’analyste malien Mamadou Samaké.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici