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Transport maritime : CMA CGM investit 20 millions d’euros en Côte d’Ivoire

Par - à Abidjan

Le Benjamin Franklin, un des plus grands porte-conteneurs du monde (18 000 EVP), mis en service en décembre 2015. © Tim Rue/CMA CGM-REA

L'armateur français souhaite faire d'Abidjan l'un de ses hubs en Afrique, continent sur lequel CMA CGM souhaite renforcer sa présence. Il va construire une base de logistique en Côte d'Ivoire pour des travaux d'un montant de 20 millions d'euros.

Basé à Marseille, CMA CGM s’apprête à renforcer ses investissements en Côte d’Ivoire. L’armateur français va débourser 20 millions d’euros destinés à y financer les travaux de construction d’une base logistique.

Il s’agit d’un « projet plus ambitieux qui permet de répondre au déficit d’infrastructures d’une partie du trafic. Cela permet de répondre aux exigences de la chaîne du frais”, explique Pierre Hery.

L’ancien attaché de défense de l’ambassade de France à Abidjan, et désormais directeur général de CMA CGM en Côte d’Ivoire, s’exprimait en marge d’une visite de Rodolphe Saadé, vice-président délégué de l’armateur, en visite à Abidjan pour lancer un programme de formation des cadres africains du groupe, avec l’école de commerce française KEDGE Business School, et l’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer (ARSTM) d’Abidjan.

Cette base logistique disposera d’une unité de réparation de conteneurs, dont le trafic est pleine croissance. CMA CGM possède une flotte de conteneurs de plus de 315 000 conteneurs en Côte d’Ivoire. « Abidjan est l’une des plateformes africaines où les conteneurs ne repartent pas vides, explique Pierre Hery. Les bonnes récoltes de cacao et de noix de cajou contribuent au dynamisme du trafic ».

Selon lui, CMA CGM est leader dans le port d’Abidjan avec 30% de parts de marché pour la Côte d’Ivoire, et 40% de parts dans le transport de conteneurs vers les pays de son hinterland, le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Présence renforcée en Afrique

« Nous sommes candidats pour le renouvellement du terminal roulier d’Abidjan, dont nous sommes actionnaire” [concession accordée en 2008 et exploitée par Terra, filiale ivoirienne du groupe Bolloré], confie Rodolphe Saadé. Le vice-président délégué a annoncé qu’Abidjan pourrait être l’un des hubs maritimes du groupe en Afrique après le port de Kribi au Cameroun, dans lequel l’amateur français possède aussi des parts.

Hors Maghreb, l’Afrique représente 15% du chiffre d’affaires du CMA CGM même si le récent rachat du singapourien Neptune Orient Lines (NOL) renforce les opportunités de développement dans la zone transpacifique, l’Océanie et l’océan Indien. « Nous souhaitions nous renforcer sur le continent africain », explique Rodolphe Saadé.

La crise pétrolière profonde qui secoue les pays comme l’Angola et le Nigéria impacte les activités africaines. Un facteur aggravant dans une conjoncture mondiale qui est marquée par la baisse des taux de fret. Avec des résultats en berne, CMA CGM poursuit ainsi son programme d’économie de 1 milliard de dollars sur dix-huit mois, dont il a annoncé la deuxième partie en avril dernier.

CMA CGM a réalisé un chiffre d’affaires de 15,67 milliards de dollars en 2015, contre 16,74 milliards de dollars un an plus tôt. Le résultat de l’exercice s’est lui aussi érodé à 587 millions de dollars, contre 611 millions fin 2014.

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