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Guinée : trois questions sur la reprise du dialogue politique

Poignée de main entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, jeudi 1er septembre 2016, au palais Sékhoutouréya. © Bureau de presse de la Présidence de la République

Les rencontres entre le chef de l’État guinéen et ses opposants débouchent finalement sur la reprise, jeudi, du dialogue politique. Jeune Afrique fait le point.

Un communiqué du ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé, a annoncé mardi la reprise du dialogue politique pour jeudi 22 septembre à Conakry. Il invite les parties prenantes du précédent dialogue que sont l’opposition, la mouvance présidentielle, la société civile et les représentants des partenaires étrangers à être au rendez-vous.

1. Quel sera le programme ?

La première journée du jeudi sera consacrée à l’adoption de l’ordre du jour, explique Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), joint au téléphone par Jeune Afrique. L’opposition, dont il en est le chef de file, proposera un ordre du jour axé sur le calendrier de mise en œuvre des conclusions des précédents dialogues.

Il s’agit dans un premier temps, selon Cellou Dalein Diallo, de décliner le chronogramme des élections. Pour l’opposition, la tenue des élections communales et communautaires implique celle des présidents des districts et des quartiers. « Le pouvoir a tendance à vouloir imposer la nomination des présidents des districts et des quartiers qui ont toujours été élus. Nous n’allons pas l’accepter », prévient Cellou Dalein.

La mise en place de la Haute cour de justice (seule compétente pour juger des infractions commises par le président de la République et ses ministres) sera débattue.

Il sera également question du fonctionnement de l’Assemblée nationale, de l’application de l’accord signé avec le syndicat sur le principe de la flexibilité des produits pétroliers à la pompe et de la libération des prisonniers politiques.

2. Qui pour présider ?

Le précédent dialogue avait été présidé par le ministre de la Justice, Me Cheick Sako. Désormais, sa récusation par l’opposition, mettant en doute son impartialité, change la donne.

« Vu le déficit de confiance, j’avais déjà choisi de me décharger de mes fonctions avant même que l’opposition ne me récuse », tente de justifier le ministre de la Justice qui n’exclut pas un retour aux commandes. Seule condition : qu’il s’agisse d’une demande expresse d’Alpha Condé.

« Le ministre de la Justice est membre du gouvernement qui est partie prenante au dialogue, rappelle le chef de file de l’opposition guinéenne. Nous souhaitons qu’une personnalité neutre dirige les débats ». Un oiseau rare à trouver.

À la veille de la reprise du dialogue, on ne sait toujours pas qui présidera, ni s’il y aura effectivement un président.

3. Quelle casquette pour l’UFR de Sidya Touré ?

C’est en tant que parti de l’opposition que l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré avait participé au dialogue du 20 août 2015. Au lendemain de la présidentielle d’octobre 2015, le leader du parti a annoncé qu’il quittait l’opposition et sa volonté de travailler avec le pouvoir. Aujourd’hui, l’UFR revendique son appartenance à « l’opposition plurielle » et le parti entend participer sous ce statut au dialogue, où il sera représenté par le président de son groupe parlementaire (Alliance des républicains), Deen Touré. Sidya Touré et Baïdy Aribot étant hors du pays.

Une démarche qui déplaît à Cellou Dalein Diallo. Ce dernier rappelle que l’opposition est constituée « des partis qui s’opposent aux actions du gouvernement. Or, l’UFR a l’un de ses éléments comme ministre ». Allusion à Mohamed Tall, chef de cabinet de Sidya Touré, devenu ministre de l’Élevage et des productions animales dans le gouvernement de Mamady Youla.

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