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Syrie : un convoi humanitaire bombardé, source d’une nouvelle discorde entre Washington et Moscou

Par Jeune Afrique avec AFP

Un des camions du convoi humanitaire bombardé près d'Alep, photo du 20 septembre 2016. © Uncredited/AP/SIPA

Washington tient Moscou pour "responsable" du bombardement d'un convoi humanitaire en Syrie lundi à l'ouest d'Alep, un raid qui a fait environ 20 morts, dont un responsable du Croissant-Rouge, et a amené l'ONU à suspendre ses convois humanitaires dans le pays.

Ils étaient 31 camions à transporter de l’aide de l’ONU et du Croissant-Rouge syrien, lundi 19 septembre, à destination de 78 000 personnes à Orum al-Koubra, dans la province d’Alep.

Toutes les parties au conflit avaient été informées de ce convoi et toutes les autorisations et garanties nécessaires avaient été obtenues par l’ONU, selon un porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) à Genève, Jens Laerke.

Des photos du convoi publiées avant le raid sur Twitter par le Croissant-Rouge syrien montrent que de grands drapeaux bleus de l’Unicef étaient fixés sur certains des camions.

Environ 20 civils tués durant le raid

A 11H50 (08H50 GMT), les travailleurs humanitaires de la sous-branche d’Orum al-Koubra ont pris le relais de la branche d’Alep, continuant à décharger l’aide humanitaire.

Vers 20H15 (17H15 GMT), les Nations unies ont reçu, de sources locales, les premiers rapports faisant état d’un raid, selon la FICR. Selon un porte-parole du FICR, qui s’est exprimé mardi matin à Genève, il s’agissait d’un raid aérien. Par la suite, la FICR a publié un communiqué parlant « d’attaques ».

Environ 20 civils ont été tués durant le raid, selon la FICR. Le directeur de la branche locale du Croissant-Rouge syrien, Omar Barakat, fait partie des victimes, selon son organisation.

L’entrepôt du Croissant-Rouge syrien et 18 des 31 camions transportant l’assistance ont été brûlés et détruits.

Le convoi contenait notamment de l’aide sanitaire et nutritionnelle de l’Unicef pour 50 000 bénéficiaires. Les camions transportaient aussi neuf tonnes d’aide médicale, dont des antibiotiques et du matériel chirurgical.

« Les Russes responsable des frappes aériennes »

Selon un responsable américain, des avions russes sont vraisemblablement à l’origine du bombardement : « Notre meilleure estimation est que ce sont les Russes qui ont mené cette frappe », a indiqué ce responsable sous couvert d’anonymat, en indiquant que deux bombardiers russes SU-24 étaient sur la zone au moment du bombardement.

« En tout état de cause, nous tenons le gouvernement russe pour responsable des frappes aériennes dans cette zone », a déclaré Ben Rhodes, conseiller du président Barack Obama.

Moscou nie toute responsabilité

Le porte-parole du ministère de la Défense russe Igor Konachenkov est intervenu à la télévision mardi pour répéter que l’armée russe n’avait rien à voir avec ce bombardement et tenter d’en apporter des preuves.

« Les analyses d’une vidéo prise par un drone alors que le convoi avançait dans les zones contrôlés par les rebelles ont révélé de nouveaux éléments. On voit clairement qu’un pick-up des terroristes avec un mortier à l’arrière avance le long du convoi », a-t-il déclaré. La vidéo montre simplement un pick-up avec une petite remorque doublant un convoi de camions arrêtés en bord de route.

« Violation du droit international humanitaire »

Stephen O’Brien, responsable de la coordination de l’aide d’urgence de l’ONU, a demandé une « enquête immédiate, impartiale et indépendante ».

Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, a dénoncé mardi « une violation flagrante du droit international humanitaire, qui est totalement inacceptable ».

L’ONU suspend ses convois humanitaires

L’ONU a suspendu mardi tous ses convois humanitaires en Syrie en attendant une nouvelle évaluation de la situation sécuritaire.

Contrairement aux Nations unies, la Croix-Rouge assure qu’elle ne va pas geler ses activités de distribution d’aide en Syrie.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a acheminé mardi de l’aide, comme il était prévu, par largage aérien aux habitants de Deir Ezzor (est), encerclés par le groupe jihadiste État islamique.

Les camions qui doivent transporter de l’aide de l’ONU pour les quartiers rebelles à l’est d’Alep se trouvaient mardi toujours dans une « zone tampon » entre la Turquie et la Syrie, selon le porte-parole d’Ocha.

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