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Chantage contre le roi du Maroc : les enregistrements des journalistes Graciet et Laurent jugés illégaux

Par Jeune Afrique avec AFP

Éric Laurent et Catherine Graciet ont tenté de faire chanter le roi du Maroc au sujet d'un livre qu'ils ont co-écrit et qu'ils ont qualifié de "dévastateur" pour la monarchie marocaine. © Christophe Ena/AP/SIPA

Deux journalistes français poursuivis pour tentative de chantage sur le roi du Maroc ont marqué un point très important mardi devant la Cour de cassation, qui a jugé illégale la réalisation de deux enregistrements clés réalisés par l'avocat du Palais, Hicham Naciri.

La plus haute juridiction française, saisie par Catherine Graciet et Éric Laurent, a estimé que deux enregistrements clandestins des journalistes, réalisés par un émissaire de Rabat, avaient en réalité été menés avec la « participation indirecte » des enquêteurs français « sans le consentement des intéressés ».

Voilà qui, selon la Cour, « porte atteinte aux principes du procès équitable et de la loyauté ». La juridiction a, par conséquent, renvoyé l’affaire devant la chambre de l’instruction.

Me Eric Moutet, avocat de Catherine Graciet, a salué une « grande victoire » et estimé que suite à cette décision il serait « compliqué pour les juges d’instruction de continuer ».

« La Cour de cassation sanctionne la manipulation et le piège mis en oeuvre par les plaignants », c’est-à-dire Rabat, s’est réjoui Me Jérémie Assous, avocat d’Éric Laurent.

Tentative d’extorsion

Catherine Graciet et Éric Laurent, mis en examen pour chantage et tentative d’extorsion à l’encontre du roi du Maroc, ont demandé, le 15 décembre 2015, l’annulation des enregistrements réalisés par l’avocat du Palais, Me Hicham Naciri, sur son téléphone portable, estimant que ces derniers avaient enfreint la procédure légale des écoutes.

Ils disent avoir été piégés par l’avocat marocain qui a, selon eux, procédé lui-même aux enregistrements de leur deuxième et troisième rencontres (21 et 27 août), alors qu’une enquête judiciaire était déjà ouverte après leur 1er rendez-vous (11 août). Leur demande d’annulation avait été rejetée par la Cour d’appel de Paris, le 26 janvier, et leurs avocats avaient alors demandé un pourvoi en cassation. 

Les deux journalistes sont soupçonnés d’avoir voulu extorquer de l’argent au Maroc en échange de l’abandon d’un livre censé contenir des révélations gênantes pour Rabat. Tous deux contestent avoir été à l’initiative d’un chantage.

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