Fermer

RD Congo : au moins trois sièges de partis d’opposition incendiés

Des jeunes marchant à côté de débris en feu lors de la manifestation du 19 septembre 2016 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

En début de journée, le calme n'était toujours pas revenu dans la capitale congolaise selon l'opposition, qui affirme que plusieurs sièges de partis politiques ayant appelé à manifester ont été attaqués au petit matin. La veille, une manifestation appelant à la convocation des élections dans les délais constitutionnels avait fait au moins 17 morts.

« Des hommes de la garde républicaine lourdement armés ont attaqué le siège de l’UDPS à Limete en pleine nuit et y ont mis le feu » a déclaré à Jeune Afrique Augustin Kabuya, chargé de la communication de l’UDPS, le parti d’Étienne Tshisekedi. Selon lui, l’attaque a fait plusieurs morts. D’après l’AFP, le feu brûlait abondamment l’intérieur des locaux vers 8h45 heure locale, alors qu’un cordon de policiers filtrait les allées et venues autour du bâtiment. Une journaliste de l’AFP a vu deux corps carbonisés, deux autres personnes brûler vives et un homme grièvement blessé à la tête allongé à terre. Dans l’enceinte du bâtiment, des bidons d’essence renversés témoignaient du caractère criminel de l’incendie.

Les sièges du FONUS (Forces novatrices pour l’union et la solidarité) et du MLP (Mouvement Lumumbiste Progressiste), situés  sur l’avenue de l’enseignement, près du stade des martyrs, ont également été brûlés aux alentours de 4h00 du matin.

L’opposition appelle à poursuivre les manifestations mardi

Dans un communiqué publié lundi dans la soirée, le Rassemblement de l’opposition appelle les Congolais à poursuivre la mobilisation pour demander la convocation des élections présidentielles dans les plus brefs délais. « Compte tenu de la rupture de confiance  introduite par la violence du pouvoir et en mémoire de nos victimes innocentes (…) le Rassemblement appelle toute la population  à se rassembler dès mardi 20 septembre 2016 pour poursuivre sans désemparer les revendications ».

Le Rassemblement fait également le bilan de la journée de lundi. Il dénombre plus de 50 morts, « victimes fauchées par des tirs à balles réelles de la police », ainsi que de nombreux blessés, et dénonce l’utilisation d’une « force disproportionnée contre une marche pacifique ». La majorité, elle, a donné un bilan officiel de 17 morts dont trois policiers et dénonce des pillages.

La manifestation de lundi, qui devait débuter à 13 heures, a été annulée et dispersée par les autorités avant même d’avoir commencé. L’opposition voulait marquer la limite constitutionnelle de la convocation des élections, 90 jours avant la fin du mandat du président Joseph Kabila. Mais en fin de matinée, des affrontements entre jeunes et policiers anti-émeute ont éclaté près du point de ralliement prévu pour la mobilisation, aux alentours de l’échangeur du quartier de Limete. Depuis, le pouvoir et l’opposition se rejettent la responsabilité des violences.

Inquiétude de la communauté internationale

Les Nations Unies, l’Union Européenne et les États-Unis ont rapidement réagi à la suite de ces violences. Lors d’une conférence de presse, Tom Perriello, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs a déclaré que « Washington est prêt à imposer de nouvelles sanctions contre les responsables » des violences. Il a également exhorté le gouvernement à être clair sur ces intentions concernant les élections.  De son côté l’Union européenne a appelé « toutes les parties à faire preuve de retenue » et a demandé à ce que le report des élections présidentielles et législatives, qui semble aujourd’hui inévitable, « soit aussi court que possible ».

Le secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki-moon a quant à lui exhorté « tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s’abstenir de tout autre acte de violence ».

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici