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RD Congo : au moins 17 morts, dont 3 policiers, dans des violences à Kinshasa

Des manifestants lors d'une manifestation de l'opposition, à Kinshasa, le 19 septembre 2016. © EDUARDO SOTERAS/AFP

Les échauffourées entre policiers et manifestants qui ont eu lieu lundi à Kinshasa ont fait au moins 17 morts, dont trois policiers, selon un bilan officiel encore provisoire. Les Kinois étaient sortis en nombre à l'appel de plusieurs partis d'opposition, demandant la convocation de l'élection présidentielle dans les délais constitutionnels.

Ce bilan a été annoncé officiellement en fin de journée lors d’une conférence de presse du ministre de l’Intérieur, Évariste Boshab. Il a été confirmé à Jeune Afrique par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement, qui rapporte également de nombreux dégâts matériels. Selon lui, plusieurs sièges de partis proches de la majorité présidentielle ont été brûlés ou saccagés et divers établissements bancaires pillés. C’est lors de l’incendie du siège de la ligue des jeunes du PPRD (majorité) à Limete que deux des policiers ont été tués.

L’opposition et la société civile parlent de leur côté d’un bilan humain beaucoup plus lourd, et d’un grand nombre d’arrestations.

Manifestation annulée

Les violences ont éclaté en fin de matinée, peu avant le début de la manifestation prévue pour 13 heures. Des jeunes armés de pierres et la police antiémeute se sont affrontés à Limete, point de ralliement de la mobilisation, et quartier où se situe le siège de l’UDPS , le parti d’Étienne Tschisekedi. Très véhéments, des groupes de quelques dizaines à plusieurs centaines de jeunes ont affronté des policiers antiémeutes en lançant en français ou en lingala des « Kabila akende » (Kabila dégage !) ou « Kabila doit partir ».

Suite à ces échauffourées, « la manifestation de l’opposition a été annulée avant même d’avoir commencé », a affirmé Lambert Mende, annonçant également l’ouverture d’une enquête par le parquet.

Martin Fayulu transféré à l’hôpital

Plusieurs journalistes ont été arrêtés en marge des rassemblements, avant d’être remis en liberté. Sonia Rolley, la correspondante de RFI qui avait été interpellée en fin de matinée a fait savoir sur son compte twitter qu’elle a été libérée dans la soirée. Le député d’opposition Martin Fayulu a quant à lui annoncé son transfèrement à l’hôpital sur le réseau social. Arrêté peu après avoir blessé à la tête par un projectile plus tôt dans la journée, il avait déclaré « être mal en point » et conduit « dans les locaux des services de renseignement de la police ».

Manifestations réprimées dans le reste du pays

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme rapporte par ailleurs de nombreuses arrestations dans le reste du pays, où des rassemblements de l’opposition ont été réprimés. Toujours selon cette même source, une personne aurait été blessée par balle à Béni, et 11 membres de partis politiques et de la société civile arrêtés à Kisangani, au nord de Kinshasa.

La France appelle à la convocation des élections

Le rassemblement de l’opposition avait appelé à la mobilisation pour signifier au président Joseph Kabila « son préavis », à la veille de la date limite de convocation de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels, le 20 septembre. Délais qui prévoient également le départ de Joseph Kabila à la fin de son mandat, dans tout juste trois mois.

Dans un communiqué officiel publié lundi, le ministère des affaires étrangères français « regrette que la République démocratique du Congo n’ait pas convoqué le corps électoral en vue de l’organisation de l’élection présidentielle », et « appelle les autorités congolaises à accélérer la préparation transparente » de cette élection.

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