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South African Airways publie une perte de 300 millions d’euros

Par Jeune Afrique - avec AFP

Un avion de la South African Airways le 4 juillet 2011 à Johannesburg. © Stephane de Sakutin/Archives / AFP

La compagnie aérienne a publié, avec deux ans de retards, ses résultats financiers. Ses pertes ont atteint la somme record de 4,7 milliards de rands pour l'exercice 2014-2015.

South African Airways (SAA) a enfin publié ses résultats financiers, vendredi dernier. En déficit chronique depuis plusieurs années, la compagnie aérienne sud-africaine a révélé, avec deux ans de retard, que ses pertes pour 2014-2015 avaient atteint 4,7 milliards de rands (290 millions d’euros). Elles devraient approcher les 2 milliards pour l’exercice suivant (2015-2016, qui n’a pas encore été publié), selon le ministre des Finances Pravin Gordhan.

Signe de l’urgence, son gouvernement a été contraint la semaine dernière de voler à nouveau au secours de SAA en débloquant un prêt garanti de 4,7 milliards de rands. Soucieux de la bonne gestion de South African Airways, Pravin Gordhan a promis de débrancher cette perfusion permanente. Et a imposé à la compagnie une série d’obligations en échange de cette dernière bouée de secours.

SAA doit notamment nommer un directeur financier, un poste vacant depuis novembre, fermer des lignes déficitaires comme celle reliant Johannesburg à Hong Kong et réduire ses coûts. La compagnie nationale sud-africaine cherchait dernièrement à mobiliser un financement d’un milliard de dollars sur une durée de trois à 15 ans, pour répondre à ses besoins en matière de capitalisation et pour consolider son portefeuille de créances. Le dépôt des propositions de financement s’est clos le 16 septembre dernier.

Mauvaise gestion de l’ANC

Aux yeux de l’opposition, SAA souffre d’un mal plus grave, commun à nombre d’entreprises publiques : la mauvaise gestion des deniers publics par le gouvernement du Congrès national africain (ANC). Les adversaires du pouvoir pointent du doigt l’incompétence de la présidente de la compagnie aérienne, une proche du chef de l’État. Malgré les critiques, Dudu Myeni, à qui l’on attribue une liaison avec Jacob Zuma, a été récemment reconduite à la tête de SAA.

Au-delà du seul cas de SAA, la bataille qui se joue au sommet de l’État pour le contrôle des entreprises publiques préoccupe sérieusement les marchés financiers. Ce qui pourrait aussi contribuer à une baisse, d’ici la fin de l’année, de la note financière de l’Afrique du Sud, l’économie la plus industrialisée du continent.

Un scénario qui affaiblirait encore la devise nationale, le rand, qui ne cesse de se déprécier et a perdu -8% le mois dernier. L’an dernier, la monnaie sud-africaine avait déjà perdu -25% par rapport au dollar, notamment à cause de la baisse du cours des matières premières.

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