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Maroc : le ministre PJD de la Justice dénonce sa mise à l’écart dans l’organisation des législatives

Le ministre marocain de la Justice Mustapha Ramid, ici, en septembre 2013. © Paul Schemm/AP/Sipa

À trois semaines des législatives du 7 octobre, le ministre de la Justice, Mustapha Ramid, a estimé être mis à l'écart de l'organisation des législatives. Le ministère de l'Intérieur a fermement démenti.

Dimanche 18 septembre, le ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid (PJD), est sorti de ses gonds : « Pendant les dernières élections communales (5 septembre 2015), le ministre de la Justice et des libertés décidait en coordination avec le ministre de l’Intérieur de tout ce qui a trait à l’organisation des élections. Aujourd’hui, à trois semaines des législatives, on assiste à des choses curieuses. Le ministre de la Justice n’est pas consulté. De ce fait, il ne peut être tenu responsable de tout dérapage, médiocrité ou déviation « , écrit le ministre islamiste sur sa page Facebook.

Autant dire que la tension monte entre le parti islamiste, qui brigue un second mandat gouvernemental, et le ministère de l’Intérieur dirigé par Mohamed Hassad. Ce dernier ne manquera pas de riposter le même jour à son collègue, niant son exclusion de l’organisation des élections. « J’ai toujours travaillé avec lui dans le respect », a-t-il affirmé au site d’information le360. D’autant, poursuit-il, que « SM nous a assigné la mission de collaborer ensemble dans la commission de supervision des élections et d’être à la hauteur de cet important rendez-vous démocratique qu’attend notre pays le 7 octobre prochain ».

Contre l’islamisation de la société 

La colère du ministre islamiste visait l’organisation « mystérieuse », dimanche 18 septembre, d’une marche anti-PJD à Casablanca, présentée comme une action spontanée de citoyens marocains contre « l’islamisation de la société ». Les manifestants, quelques milliers selon la presse marocaine, ont scandé des slogans hostiles au parti au pouvoir, tel que « Benkirane dégage ! » ou « PJD = prostitution, jouissance, débauche », allusion au scandale sexuel ayant impliqué récemment deux responsables du Mouvement de l’unification et de la réforme (MUR), aile religieuse du PJD.

Un jour avant la levée de ces hostilités à son égard, le parti de la lampe a appelé ses sympathisants, via un communiqué, à ignorer cette marche « encadrée et soutenue par certaines parties censées respecter la neutralité ». Une référence à peine voilée au ministère de l’Intérieur.

Une guerre larvée

Déboutés par l’invalidation de la candidature de Hammad El Kabbaj, tête de liste PJD de la circonscription de Marrakech-Ménara, ainsi que par le sévère recadrage royal à l’encontre de leur allié Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti progrès et socialisme (PPS), les islamistes multiplient les pics à l’encontre de ce qu’ils appellent « Tahakkoum », ou l’État profond.

« Tant que Tahakkoum existera, je continuerai d’en parler », a déclaré Abdelilah Benkirane pour défendre son bilan dans une conférence organisée le samedi 18 septembre par l’Association des lauréats de Sciences Po Alumini. Le chef du gouvernement y a soufflé le chaud et le froid. Se gardant d’attaquer directement le ministère de l’Intérieur, il a affirmé que ce dernier, en tant que ministère de souveraineté, a « certaines spécificités » et « qu’un certain esprit l’habite ». « Mais les choses évoluent », a-t-il concédé.

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