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RD Congo : l’opposition appelle à manifester pour le départ de Kabila à la fin de son mandat

Des supporteurs du chef de l’opposition, Étienne Tshisekedi, rassemblés à Kinshasa le 31 juillet 2016. © John bompengo/AP/SIPA

L'opposition a lancé un appel à manifester ce lundi devant les bureaux de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) pour formuler son "préavis" au président Joseph Kabila, et lui demander de quitter le pouvoir le 19 décembre, veille de la fin de son mandat.

« La date du 19 septembre correspond à la veille de la date limite fixée par la Constitution congolaise pour convoquer l’élection présidentielle (trois mois avant le terme du mandat présidentiel) « , explique Freddy Matungulu, auprès de VOA Afrique. « Nous voulons signifier à Kabila qu’il doit quitter la présidence au terme de son mandat ».

Échec du « dialogue national »

Joseph Kabila, qui dirige la RDC depuis 2001, voit son mandat arriver à terme le 20 décembre mais la Constitution lui interdit de se représenter. Il ne montre cependant aucun signe laissant penser qu’il souhaite abandonner ses fonctions. D’où la crainte de l’opposition de voir le président en exercice s’agripper à son siège présidentiel. En mai, la Cour constitutionnelle l’avait autorisé à se maintenir en poste au-delà de cette date si aucune élection ne venait à être organisée en 2016.

La manifestation sera rassemblée autour d’Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition en RDC. Celui-ci est parvenu à bâtir une coalition et à fédérer les opposants au chef de l’État, au pouvoir depuis 2001. La coalition a toutefois refusé de participer au « dialogue national » qui s’est ouvert le 1er septembre à Kinshasa sous l’égide de l’Union africaine, avec pour objet central l’organisation du prochain scrutin présidentiel. L’opposition l’avait en effet qualifié de « piège » tendu par le pouvoir.

« La République démocratique du Congo au bord du précipice »

Une manifestation qui est par ailleurs soutenue par Human Rights Watch. « Pour contribuer à prévenir la violence, les représentants du gouvernement et les membres des forces de sécurité devraient respecter le droit des personnes aux libertés d’expression et de réunion, et autoriser le déroulement de manifestations pacifiques et de meetings politiques » en RDC, écrit l’organisation dans un communiqué.

« Les décisions que le président Kabila et son gouvernement vont prendre dans les prochaines semaines peuvent faire toute la différence pour l’avenir de la RD Congo », estime HRW dans le document intitulé « La République démocratique du Congo au bord du précipice ».

Jeudi, Kinshasa s’était déclarée surprise par des accusations de « répression systématique » portées contre elle par Amnesty International, en faisant valoir que les autorités avaient fait libérer en août plusieurs détenus politiques.

 

 

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