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Maroc : en manque de liquidités, l’ONEE veut lever 2 milliards de dirhams sur les marchés financiers

Depuis Rabat, Ali Fassi-Fihri, le haut fonctionnaire garde un œil sur les activités de l'établissement au sud du Sahara, notamment au Cameroun. © ALEXANDRE DUPEYRON POUR J.A.

Pour faire face à ses besoins de trésorerie, l’Office public marocain de l'eau et l'électricité (ONEE) vient de réaliser une nouvelle opération de titrisation, la quatrième en trois ans.

Au Maroc, l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE) vient de boucler une nouvelle opération de titrisation, la quatrième en trois ans, pour lever 2 milliards de dirhams (180 millions d’euros) afin de « satisfaire ses besoins en financement », selon un communiqué publié le 15 septembre.

Cette nouvelle sortie sur le marché de l’ONEE a consisté en la conversion de créances commerciales actuelles, d’une valeur de 827 millions de dirhams — en plus de six à sept mois de créances futures, soit 2,22 milliards en tout — en 20 000 parts d’un fonds commun de placement, créé pour l’occasion et baptisé FT Energy.

Pilotée par Maghreb Titrisation, l’opération a connu le succès escompté avec un taux de souscription de 107%. Les organismes de placement collectif en valeur mobilière (OPCVM) se sont accaparés la part du lion avec 85,5% des titres distribués, soit 1,71 milliard de dirhams, tandis que les banques et les organismes de pension ont souscrit respectivement à hauteur de 160 et 150 millions de dirhams.

Une nouvelle titrisation bienvenue

« Le marché manque tellement de papiers frais que nous ne pouvons nous permettre de faire la fine bouche », admet le patron d’une société de gestion d’actifs. Il n’empêche que la qualité des créances titrisées et les garanties assorties ont largement contribué au succès de cette levée de fonds.

À cela s’ajoute évidemment la qualité de signature de l’ONEE qui, en trois ans seulement, a pu mobiliser quelque 5,3 milliards de dirhams à travers ce mécanisme de titrisation. Le recours à un tel montage financier est imposé par le besoin de l’Office « de financer le cycle d’exploitation et la trésorerie à des conditions avantageuses tout en optimisant les besoins en fonds de roulement ».

À noter que fin 2015, l’entreprise publique dirigée par Ali Fassi-Fihri, née de la fusion entre ONE (électricité) et ONEP (eau), affichait une trésorerie déficitaire de près de 4,3 milliards de dirhams. Une situation qui s’explique par l’augmentation de l’endettement (56 milliards de dirhams) se traduisant par l’accroissement des charges financières et l’aggravation du déficit du résultat financier qui ressortait à -2,1 milliards de dirhams.

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