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Jeux paralympiques : les performances africaines à la loupe

L'Algérien Abdellatif Baka, devant l'Éthiopien Tamiru Demisse et le Kényan Henry Kirwa, lors du 1500 mètres (T13) des Jeux paralympiques de Rio, le 12 septembre 2016. © Bob Martin/AP/SIPA

Les quinzièmes Jeux paralympiques de l'histoire se sont achevés dimanche à Rio. Jeune Afrique revient sur les performances, réussites et déceptions des athlètes africains.

Dimanche 18 septembre, les dernières épreuves des Jeux paralympiques de Rio ont été disputées. La fête terminée, l’heure est désormais au bilan pour les nations et les sportifs africains engagés dans la compétition.

Ils ont brillé sur les podiums

Ils ont grandi dans l’ombre d’Oscar Pistorius, star écrasante du sport paralympique de ces dernières années. « Blade runner » derrière les barreaux et toujours engagé dans un marathon judiciaire, les autres références du handisport continental se sont distinguées, à commencer par Raoua Tlili. La lanceuse tunisienne a remporté deux titres, l’un au poids, l’autre au disque, surclassant facilement ses adversaires. Elle n’est pas étrangère au succès de son pays dans cette compétition (première nation africaine au nombre de médailles avec 19 breloques).

Chez les valides, c’est Wayde van Niekerk, un athlète sud-africain, qui avait brillé sur 400 mètres en battant le record du monde de Michael Johnson. Sur ces Jeux paralympiques, c’est un autre Africain, marocain cette fois-ci, qui a reproduit la performance. Mohamed Amgoun, malvoyant, a amélioré la meilleure marque mondiale dans sa catégorie de handicap, et franchi la ligne en  45 secondes et 15 centièmes.

Toujours au Maghreb, les deux frères Baka, les coureurs de fond algériens, ont impressionné sur le 1500 mètres. Abdellatif a remporté l’or dans un temps plus rapide que celui du champion olympique valide, Matthew Centrowitz. Son frère, Fouad, a échoué au pied du podium pour quelques centièmes seulement. Mais il a grandement participé à écrire la légende qui entoure désormais ces deux frères malvoyants.

Ils ont brillé sans rien gagner

Mâchoires serrées sur le manche de sa raquette, le visage d’Ibrahim Hamadtou, pongiste égyptien engagé sur le tournoi paralympique, a fait le tour du monde. Et pour cause, ce sportif de 43 ans joue en tenant sa raquette dans sa bouche. Mieux, il sert même en lançant la balle avec son pied, le règlement lui interdisant de solliciter une aide extérieure.

Médaillé en 2012 (bronze sur 100 mètres papillon), il n’a pas remporté de médaille à Rio. Mais le nageur sud-africain Hassiem Achmat s’est néanmoins rendu célèbre par son parcours et ses aspirations. Celui que les médias surnomment « l’homme-requin » a en effet eu la jambe déchiquetée par un squale en 2006. Depuis, il s’est pourtant engagé pour la défense de ces animaux menacés.

Le Nigeria, la Tunisie et l’Afrique du Sud, locomotives continentales

Du point de vue des nations, la hiérarchie africaine a été respectée, ou presque. Habituée à finir première nation africaine, l’Afrique du Sud termine cette olympiade avec 17 médailles, dont 7 en or. Moins bien que la Tunisie et ses 19 médailles ou que le Nigeria et ses 8 titres. A eux trois, ces trois pays totalisent plus de la moitié des podiums africains de la compétition.

Rio 2016, une cuvée mitigée pour l’Afrique

Quelques déceptions également à Rio, comme l’Algérien Mouloud Noura, grand favori en moins de 60 kilos au judo qui a finalement raté son entrée dans la compétition, ou encore Ntando Mahlangu, successeur d’Oscar Pistorius dans le sprint sud-africain.

Avec 91 médailles, le continent est légèrement en deçà de ses dernières performances : 102 médailles à Londres, 107 à Pékin, 117 à Athènes et 101 à Sydney. Un résultat d’autant plus décevant quand on le rapporte au nombre d’athlètes participant aux Jeux et au nombre de médailles distribuées (forcément beaucoup plus élevé que chez les valides étant donné les différentes catégories de handicap). A Rio, 4300 athlètes se disputaient 2642 médailles, contre 4302 athlètes pour 1522 médailles à Londres.

Source : Fédération Française de handisport.

Depuis le début des Jeux paralympiques

Sur le continent, la richesse handisportive est inégalement partagée puisque depuis les premiers jeux de ce type en 1960, quelques pays se détachent nettement. Il s’agit de l’Afrique du Sud, toujours performante (299 médailles), de l’Égypte (155 médailles) de la Tunisie (92 médailles) et de l’Algérie  (79 médailles). On peut ajouter à ces quatre pays « historiques » du handisport en Afrique le Maroc (26 médailles) et surtout le Nigeria (24 médailles), en plein essor ces dernières olympiades. À l’inverse, des places fortes olympiques comme l’Éthiopie (deux médailles) sont loin derrière.

Source : https://www.paralympic.org/uk/games/index_uk.asp.

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