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Crise au FPI : quand Pascal Affi N’Guessan se lâche contre le camp Gbagbo et Nady Bamba

Pascal Affi N'Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI). © AFP

L'actuel président du FPI, Pascal Affi N'Guessan, s'en est publiquement pris samedi à l'épouse de Laurent Gbagbo, Nady Bamba.

Le conflit entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux de Pascal Affi N’Guessan a aujourd’hui des allures de guerre ouverte. Illustration samedi 3 janvier. Ce jour-là, l’actuel président du Front populaire ivoirien (FPI) reçoit plusieurs de ses collaborateurs au siège provisoire du parti à Abidjan. Plusieurs organes de presse sont invités. La crise interne est au cœur des interventions. Et très vite, les attaquent fusent.

Pascal Affi N’Guessan s’en prend à Nady Bamba, la femme de Laurent Gbagbo qu’il accuse d’être "le pivot du complot" dont il s’estime victime. "Les autres ne sont que des instruments. C’est pour cela que ce sont ses journaux qui sont à la pointe du combat entre nous, déclare l’ancien Premier ministre. Aujourd’hui, elle est engagée à fond dans cette affaire. Pourquoi ? Pour récupérer le parti et l’utiliser à des fins politiques ? Ou le donner à Soro ou à Ouattara ? Nous avons des raisons de nous inquiéter", poursuit Affi.

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L’actuel président du FPI candidat à sa propre succession affirme une nouvelle fois que la lettre de candidature attribuée à Laurent Gbagbo est un "faux". Un faux, réalisé selon lui par un proche de l’ancien président en exil en France. "C’est lui qui a signé, c’est lui qui a imité la signature de Gbagbo. Il l’a déjà fait ici. C’est son travail, dit-il. À l’époque [de Gbagbo], il a imité la signature du ministre de l’Économie pour accorder un agrément de 180 mille tonnes de cacao à une entreprise. Il a empoché près de 4 milliards de F CFA. Je sais que c’est lui qui a fait un faux. Ce sont des faussaires. On les connaît ici. Ils vont se cacher en France pour essayer d’emmerder. S’il n’était pas un proche de Gbagbo, il serait en prison aujourd’hui." Dans le viseur du leader du FPI : Stéphane Kipré, gendre de l’ancien chef de l’État.

Soit on trouve une solution, soit, si vous voulez m’entraîner au congrès, je vais utiliser l’arme de la justice.

Puis, Affi livre quelques détails croustillants sur les dernières tentatives du camp adverse pour qu’il retire sa candidature, notamment fin novembre, au moment du retour d’exil d’Assoa Adou (aujourd’hui directeur de campagne de Laurent Gbagbo). "Je ne leur ai dit : ‘Allez voir Aboudramane Sangaré. Négociez avec lui pour qu’on obtienne le report du congrès. S’il veut, on enverra une délégation à La Haye pour rencontrer Gbagbo’". Sangaré refuse la proposition, affirme Affi N’Guessan. Un intermédiaire tente alors d’organiser une rencontre entre les deux hommes. L’ancien secrétaire général du FPI accepte mais ne veut pas discuter d’un report du congrès. "La seule chose qu’il est prêt à discuter avec toi, ce sont les modalités de retrait de ta candidature", explique Dallo Désiré à Affi N’Guessan. La rencontre n’aura pas lieu.

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"Tel que les choses se présentaient, je voyais bien que si on allait au congrès, cela aurait été houleux. Nous n’étions même pas sûrs d’en sortir unis. Il me restait une seule arme, conclut le président du FPI. J’ai dit à Assoa Adou : ‘Soit on trouve une solution, soit, si vous voulez m’entraîner au congrès, je vais utiliser l’arme de la justice".

Ce qu’il fera en contestant la validité de la candidature de Laurent Gbagbo. Une stratégie payante puisque le tribunal de première instance d’Abidjan a décidé le 29 décembre d’invalidé la candidature de l’ancien président ivoirien.

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Par Vincent DUHEM