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Trêve en Syrie : les camions humanitaires se tiennent prêts à secourir les habitants d’Alep

Par Jeune Afrique avec AFP

Des combattants syriens pro-régime empruntent une rue de la ville d'Alep ravagée par les bombardements, le 9 septembre 2016. © GEORGE OURFALIAN/AFP

La trêve négociée par les États-Unis et la Russie semble respectée en Syrie, où les combats ont quasiment cessé depuis deux jours. L'ONU espère profiter de cette accalmie pour distribuer de l'aide humanitaire dans la ville d'Alep.

Pour les 250 000 habitants des quartiers rebelles d’Alep qui manquent de tout, l’aide humanitaire tarde à venir.

Une vingtaine de camions remplis de nourriture et de médicaments se trouvent actuellement dans une « zone tampon » entre la Turquie et la Syrie, prêts à prendre la route immédiatement pour rejoindre Alep, selon un responsable de l’ONU. Concrètement, les Nations unies attendent la démilitarisation d’une route clé, celle dite du Castello, pour acheminer de l’aide dans les quartiers rebelles dans l’est d’Alep, principal front du conflit, comme le stipule l’accord américano-russe sur la trêve. Mais jeudi, l’armée du régime se trouvait toujours sur cette route selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Le chef du Centre russe de coordination en Syrie, le général Vladimir Savtchenko, a toutefois affirmé jeudi en fin de journée que l’armée avait commencé à se retirer et que ce retrait allait permettre l’acheminement de l’aide.

Des légumes et du carburant

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a appelé le régime de Bachar al-Assad à donner sa « permission finale » au passage des convois. « C’est particulièrement regrettable, nous perdons du temps. La Russie est d’accord avec nous sur ce point », a-t-il dit.

« Dès que nous aurons le feu vert, nous enverrons 20 camions, puis 20 autres le jour suivant », a dit David Swanson, un porte-parole de l’agence onusienne Ocha, à Gaziantep en Turquie. Le voyage devrait prendre de quatre à cinq heures en raison de l’état des routes dans cette zone de combats.

« À quoi sert le prolongement de la trêve si nous restons assiégés? », a lancé Abou Ibrahim, dans le secteur rebelle qui n’a pas reçu d’aide internationale depuis le 7 juillet. « Avant, nous mourrions des bombardements, aujourd’hui nous allons mourir de faim », se lamente l’homme de 53 ans. »On ne veut pas juste l’arrêt des bombes. On veut des légumes et du carburant », a déclaré à l’AFP Moustapha Morjane, du quartier rebelle de Zabdiyé à Alep.

Cessez-le-feu renouvelé pour 48 heures

La trêve est globalement respectée, même si quelques incidents ont été rapportés. D’après l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), seul un enfant touché par un tireur embusqué a succombé à ses blessures dans les quartiers gouvernementaux d’Alep. Il s’agit, selon l’Observatoire, de la première victime dans les zones concernées par la trêve depuis lundi.

Deux frappes aériennes, « d’avions inconnus », russes ou du régime de Damas, ont frappé Talbisseh, contrôlé par des rebelles, dans la province de Homs, avance l’OSDH, estimant qu’il s’agit des « premières frappes sur une zone où il n’y pas de jihadistes depuis le début de la trêve ».

Le secrétaire d’État américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov se sont mis d’accord pour renouveler le cessez-le-feu jusqu’à vendredi soir. Moscou a cependant accusé les États-Unis de ne pas remplir leur part des engagements en ne faisant pas assez pression sur les rebelles pour qu’ils prennent leurs distances avec les jihadistes, principalement avec ceux du Front Fateh al-Cham.

Les deux grandes puissances tentent, à travers la cessation des hostilités, de favoriser une reprise du processus de négociations pour mettre fin au conflit, qui a fait plus de 300 000 morts depuis mars 2011.

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