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Tunisie : ce qui change en cette rentrée scolaire

Une rentrée mouvementée en Tunisie, entre réformes et protestations. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Près de 2 millions d’élèves ont repris jeudi le chemin de l’école, après avoir célébré la fête de l’Aïd El-Kebir. Une rentrée scolaire sous le signe de la réforme, malgré quelques désaccords.

« L’année scolaire 2016-2017 sera celle des grandes réformes », a rappelé le ministre de l’Éducation Néji Jalloul à la veille de la rentrée, qui a eu lieu le 15 septembre en Tunisie. Lors d’une conférence de presse sur les réalisations accomplies et les principales nouveautés de l’année, le ministre a insisté sur le rôle éducatif et social de l’école, appelant la centrale syndicale (UGTT), le patronat (UTICA), la société civile, les parents d’élèves et les enseignants à adhérer à ce processus de réforme. Le point sur les mesures qui sont d’ores et déjà entrée en vigueur.

Rythmes scolaires

Gros volet de cette réforme du système éducatif : les rythmes scolaires, avec la mise en place d’un nouveau calendrier. Ce dernier prévoit un système de semestres (et non plus de trimestres) avec sept jours de vacances toutes les cinq semaines. Une révision qui met fin aux vacances d’hiver (de fin décembre à début janvier), au grand dam de plusieurs familles, enseignants et professionnels du secteur touristique, qui craignent de nouvelles pertes en période de réveillon. Ce à quoi Néji Jalloul a répondu, en déclarant le 14 septembre sur la radio Shems FM que trois jours de vacances pour les fêtes de fin d’année seront accordés aux élèves et au personnel éducatif.

Un « système de séance unique » sera par ailleurs appliqué dans plusieurs écoles à travers le pays : des après-midi entiers seront ainsi consacrés à des activités parascolaires (sport, art, culture, etc.). Des milliers d’élèves devraient également bénéficier de repas en journée.

Programme

Pas de grands changements au niveau des programmes scolaires, si ce n’est le renouvellement de six manuels scolaires destinés aux élèves de la première et de la deuxième année de l’enseignement de base, ou encore l’introduction de la langue française (en deuxième année primaire) et anglaise (à partir de la troisième année primaire).

Le ministre de l’Éducation a également annoncé la création d’une nouvelle filière littéraire dans les lycées pilotes à Sfax, Sousse et Tunis, et l’obligation progressive (sur une période de quatre ans ) des classes préparatoires préscolaires pour tous les enfants en Tunisie, dans un soucis d’égalité des chances.

Enfin, le « bonus » des 20% pour les bacheliers (méthode consistant à inclure 20% de la moyenne générale de l’année à la moyenne finale du bac) sera supprimé dès 2017.

Infrastructures

Pour mieux gérer et mettre en œuvre les activités parascolaires, les repas et les équipements dans les écoles, Néji Jalloul avait annoncé en mai la création d’un « office des œuvres écolières ». Une partie du budget du ministère a aussi servi à équiper les établissements scolaires d’outils informatiques et éducatifs (comme des tablettes numériques).

Mais la priorité ces derniers mois fut surtout donnée à la restauration et le réaménagement de centaines d’écoles, de collèges et d’internats à travers la Tunisie. Des extensions ont par exemple été effectuées pour la construction de salles, de laboratoires, de permanences, de blocs sanitaires, de dortoirs, de cantines, ou encore de cuisines. D’autres travaux sont en cours dans 555 établissements, a précisé le ministre.

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