Fermer

Libye : un rapport du parlement britannique accable Sarkozy et Cameron au sujet de l’intervention de 2011

Un pick up à côté d'une affiche contre l'intervention étrangère en Libye, à Benghazi, le 4 avril 2011. © Altaf Qadri/ AP/SIPA

Le rapport, publié mercredi 14 septembre, est sans concession. Les parlementaires britanniques dénoncent une intervention militaire motivée par des intérêts nationaux et personnels, sans véritable analyse de la situation sur le terrain libyen.

Les motivations de la France sont tout particulièrement pointées du doigt. Le rapport revient sur les propos d’Alain Juppé, ministre des affaires étrangères en 2011, lorsqu’il a présenté le projet de résolution sur l’intervention en Libye au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il avait alors insisté sur l’urgence humanitaire, ajoutant que « le temps était compté ». Une urgence humanitaire, qui, selon les informations recueillies par le parlement, a été largement exagérée.

Intérêt personnel de Nicolas Sarkozy

Et les parlementaires de dénoncer : les raisons qui ont poussé la France à soutenir avec tant de vigueur une intervention militaire contre Mouammar Kadhafi sont principalement « de l’ordre de l’intérêt national français, ou de l’intérêt personnel de Nicolas Sarkozy« . Citant des conversations entre diplomates américains et français révélées l’année dernière, le rapport évoque « une volonté d’obtenir une plus grande part du pétrole produit en Libye, d’augmenter l’influence française en Afrique du nord, d’améliorer l’image de Nicolas Sarkozy en France et de donner à l’armée française une occasion de réaffirmer sa position sur la scène mondiale ».

Une intervention anglaise fondée sur « des postulats erronés »

Les Britanniques, eux, se sont d’après le rapport lancés dans l’intervention sur la base de « discours », et non de renseignements fiables. « Le gouvernement britannique n’a pas pu vérifier la menace réelle que le régime de Kadhafi faisait peser sur les civils ; il a pris au pied de la lettre, de manière sélective, certains éléments de la rhétorique de Mouammar Kadhafi ; et il a échoué à identifier les factions islamistes radicales au sein de la rébellion », écrivent les membres de la commission des affaires étrangères de Westminster. David Cameron, qui était alors Premier ministre, est  directement mis en cause.
En conclusion, les parlementaires considèrent qu’ « une intervention destinée à protéger les civils s’est transformée en une politique visant à un changement de régime en Libye avec des moyens militaires ».

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici