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Zimbabwe : les « billets d’obligation » indexés sur le dollar seront introduits fin octobre

Par Jeune Afrique avec AFP

Des Zimbabwéens font la queue le 5 mai 2016 devant une banque à Harare, après l'annonce du gouvernement de plafonner les retraits de liquide et d'imprimer des billets à parité avec le dollar américain. © AFP

Le Zimbabwe, dont l'économie fonctionne sans monnaie nationale depuis 2009, va introduire fin octobre des billets d'obligation sur le marché intérieur. En entrant en circulation, cette monnaie, indexée sur le cours du dollar, devrait permettre aux banques commerciales de répondre aux besoins de retrait des consommateurs zimbabwéens.

La manœuvre est risquée, reste à voir ce qu’elle va donner. Face à l’hyperinflation dont souffrait le dollar zimbabwéen, Harare avait retiré de la circulation la monnaie nationale en 2009, remplacée depuis par des devises étrangères. Mais, très régulièrement depuis cette date, les banques commerciales zimbabwéennes ne disposaient pas d’assez de liquidités pour répondre à la demande des consommateurs.

Des files d’attentes interminables se formaient devant les guichets, ralentissant la consommation et, in fine, l’ensemble de l’économie nationale. En mai dernier, le gouverneur de la Banque Centrale John Mangudya avait même dû abaisser la limite de retrait à 1 000 dollars ou 20 000 rands sud africains, suscitant le mécontentement de la population. C’est la raison pour laquelle, jeudi 15 septembre, le gouvernement a annoncé qu’il allait introduire des « billets d’obligation » à la fin du mois d’octobre.

75 millions de dollars supplémentaires en circulation d’ici la fin de l’année

Le principe de ces « billets d’obligation » est simple : il s’agit d’une monnaie indexée sur le cours du dollar, disponible sous forme de billets de 2, 5, 10 et 20. L’objectif, selon John Mangudya, est de parvenir à injecter l’équivalent de 75 millions de dollars sur le marché local pour relancer la consommation d’ici la fin de l’année.

Dès l’annonce du lancement de cette monnaie qui ne dit pas son nom, plusieurs économistes avaient tiré la sonnette d’alarme. Car le spectre de l’hyperinflation, qui avait atteint les 231 000% en 2008, ne s’est pas éloigné. En mai dernier, l’économiste John Robertson prédisait l’imminence d’une « autre histoire d’inflation » : « Les gens vont refuser d’avoir leurs salaires payés en billets d’obligations. Les magasins et les stations service ne les accepteront pas puisqu’ils ne pourront pas les utiliser pour se réapprovisionner ».

Limiter le déficit de la balance commercial et le blanchiment d’argent

Mais la Banque centrale zimbabwéenne est prête à prendre ce risque. En effet, ces billets d’obligation permettraient de juguler le déficit de la balance commerciale et de limiter les possibilités de blanchiment d’argent. Outre l’instauration de ces « billets d’obligation », les zimbabwéens bénéficiaient déjà depuis 2014 de « pièces d’obligation » pour les petites transactions de la vie quotidienne.

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