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Burkina : pas d’inculpation concernant les tueries liées aux manifestations anti-Compaoré de 2014

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président burkinabè déchu, Blaise Compaoré, le 26 juillet 2014, à Ouagadougou. © Sia Kambou/AFP

La série d'auditions d'anciens responsables du régime de Blaise Compaoré débutée il y a une dizaine de jours n'a donné lieu "à aucune inculpation". C'est ce qu' a annoncé vendredi une magistrate, dénonçant une absence de coopération des autorités actuelles.

L’enquête sur l’insurrection populaire qui a fait suite au projet de modification de la constitution en 2014, faisant une trentaine de morts et plus de 600 blessés, avance trop lentement, de l’avis de la procureure du tribunal de grande instance de Ouagadougou.

Mercredi, lors d’un point sur l’instruction du dossier, la magistrate Maiza Sérémé a déclaré : « Les juges d’instruction ont pu auditionner certains témoins, des victimes et les ayant droits, mais pour identifier les auteurs, les juges ont eu toutes les difficultés du monde parce qu’il n’y avait pas de collaboration ni de coopération avec les autorités de la place ».

A l’étape actuelle de la procédure, les juges d’instruction n’ont inculpé aucune personne liée aux manifestations populaires des 30 et 31 octobre 2014 qui ont débouché sur la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, renversé par les manifestants après 27 ans au pouvoir.

Audition des anciens ministres

Mardi dernier, la gendarmerie a auditionné une vingtaine de ministres du dernier gouvernement Compaoré à propos de leur rôle présumé dans les tueries liées aux manifestations des 30 et 31 octobre.

Le Conseil national de la transition (CNT), l’assemblée intérimaire mise en place après la chute du régime de Blaise Compaoré, avait voté en juillet 2015 une résolution mettant en accusation le Premier ministre Luc Adolphe Tiao et tous ses ministres pour « coups et blessures volontaires, complicité de coups et blessures, assassinat, complicité d’assassinat ».

Les députés reprochent notamment aux ministres d’avoir été membres du gouvernement qui a adopté le projet de loi modifiant la Constitution (article 37) qui devait permettre à M. Compaoré,  qui cumulait 27 ans de pouvoir, de briguer d’autres mandats.

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