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Nigeria : sur la dernière vidéo de Boko Haram, pas de trace de Shekau

Par Jeune Afrique avec AFP

Abubakar Shekau dans une vidéo datée du 12 mai 2014. © AP/SIPA

Dans la dernière vidéo du groupe armé Boko Haram, diffusée dans la nuit de mardi à mercredi, son ex-commandant officiel Abubakar Shekau n'apparaît à aucun moment. Suffisant pour donner raison à l'armée nigériane, qui avait affirmé l'avoir grièvement blessé dans un bombardement ?

Ces quelques images sont déjà l’objet de bien des interprétations. Le groupe armé Boko Haram a diffusé une vidéo dans la nuit de mardi à mercredi à l’occasion de la fête de la Tabaski. Treize minutes de prières présidées par un homme non identifié, vêtu d’un long kami blanc, accompagné de centaines de villageois amaigris, présentés comme des soutiens aux islamistes.

Un autre commandant, un sabre dans les mains et entouré d’hommes en armes, conduit la foule, affirmant qu’il représente la faction de Shekau, mis à l’écart début août par le groupe État islamique (EI) auquel Boko Haram avait prêté allégeance en mars 2015.

« Mes frères, aujourd’hui nous célébrons l’Aïd (…) dans le califat islamique sous le contrôle d’Abubakar Shekau, qu’Allah le protège », prêche le même homme dans une mosquée cette fois.

Incertitudes autour de l’état de santé de Shekau

Si son nom est donc cité, Abubakar Shekau, dont l’identité reste toujours aussi floue, n’apparaît pas en personne sur la vidéo. Un constat qui semble donner un peu plus de crédit aux déclarations de l’armée nigériane, qui avait annoncé le 23 août dernier que Shekau était « mortellement blessé », avant de se raviser et d’assurer qu’il avait été « très grièvement blessé à l’épaule » dans un raid aérien qui a tué plusieurs commandants de Boko Haram.

L’homme sur la vidéo a ensuite visé directement le gouvernement de Muhammadu Buhari, promettant que le mouvement jihadiste ne se rendrait jamais malgré les opérations militaires en cours dans le nord-est du pays. « Ni reddition, ni capitulation », lance-t-il. Le mois dernier, l’EI a nommé Abou Mosab Al Barnaoui, le fils du fondateur du mouvement Mohammed Yusuf, comme nouveau commandant de Boko Haram.

50 000 enfants en grave danger dans l’État du Borno

Seul élément entretenant le doute sur l’authenticité de la vidéo, il n’apparaît pas certain qu’elle ait été tournée dans la forêt de Sambisa, la zone de repli de la faction de Shekau, à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun.

Lancée en 2009, l’insurrection de Boko Haram a fait 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés et plusieurs milliers de personnes ont été enlevées par le groupe. La situation humanitaire dans l’État du Borno est catastrophique, plus de 50 000 enfants risquant de mourir de faim d’ici la fin de l’année, selon l’Unicef.

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