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Maroc : Nabil Benabdellah se fait recadrer par le Palais royal

Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti progrès et socialisme (PPS) s'est allié au PJD d'Abdelilah Benkirane en vue de gagner les législatives du 7 octobre. © Capture d'écran YouTube

En s'en prenant au conseiller royal Fouad Ali El Himma, le chef du Parti progrès et socialisme (PPS) s'est attiré les foudres du Palais qui l'a sévèrement recadré par voie de communiqué mardi.

« La déclaration de M. Nabil Benabdellah n’est qu’un outil de diversion politique en période électorale, qui requiert de s’abstenir de lancer des déclarations non fondées et d’utiliser des concepts qui portent atteinte à la réputation de la patrie et à l’intégrité et la crédibilité des institutions, dans une tentative de gagner des voix et la sympathie des électeurs ».

C’est par ces termes sévères que le Palais, dans une sortie sans précédent, a rappelé à l’ordre, mardi 13 septembre, le ministre de l’Habitat après que ce dernier ait déclaré à un hebdomadaire casablancais que le conseiller royal, Fouad Ali El Hikma, est à l’origine d’une forme « d’autoritarisme » dans un contexte de compétition électorale (les élections législatives sont prévues pour le 7 octobre).

Une sortie fracassante

Dans une interview au journal arabophone Al Ayam parue le 8 septembre, le ministre, sous sa casquette de secrétaire général du Parti progrès et socialisme (PPS), a déclaré que sa formation politique n’a pas de problème avec le Parti authenticité et modernité (PAM) mais avec la personne qui se trouve derrière ce parti, à savoir son fondateur. Et que ce dernier incarne l’autoritarisme. 

Tribuns politiques recadrés

Le journal Al Ayam s’est excusé le lendemain affirmant avoir commis une erreur de retranscription en écrivant « le fondateur » au lieu « des fondateurs ».

Trop tard ! Le mal est déjà fait. Le cabinet royal, en colère, publie un communiqué acerbe où il qualifie ces déclarations du patron du PPS de « dangereuses ». D’autant plus, ajoute le communiqué, « qu’elles émanent d’un membre du gouvernement et que la personne visée occupe actuellement la fonction de conseiller de SM le roi et elle n’a plus aucune relation avec l’action partisane ».

Depuis quelques mois, le Palais n’hésite plus à brider le tempérament de tribuns politiques, qu’ils tentent de s’adresser à leur électorat ou qu’ils dénoncent ce qu’ils appellent « Tahakoum », littéralement « mainmise » désignant un État parallèle. 

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