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Jeux paralympiques : un Éthiopien proteste contre son gouvernement et se fait rappeler à l’ordre

Par Jeune Afrique avec AFP

Tamiru Demisse, athlète paralympique non-voyant, fait mine d'être menotté pour alerter la communauté internationale sur la situation politique en Éthiopie après son 1500 m dimanche 11 septembre. © AFP

L'athlète éthiopien Tamiru Demisse, médaillé d'argent sur le 1 500 m des Jeux paralympiques dimanche, a été sévèrement rappelé à l'ordre par le comité organisateur après avoir fait un geste de protestation contre son gouvernement.

Le geste avait marqué la fin des Jeux Olympiques valides. Au bout d’un marathon qu’il avait terminé à la deuxième place, Feyisa Lilesa, athlète éthiopien, avait franchi la ligne les mains croisées au-dessus de la tête, pour alarmer la communauté internationale sur le sort réservé aux manifestants opposés au gouvernement d’Addis-Abeba. Un de ses compatriotes, engagé sur les Jeux Paralympiques, a récidivé dimanche 11 septembre.

Déficient visuel, Tamiru Demisse était engagé sur le 1 500 mètres. Comme Feyisa Lilesa, il a remporté la médaille d’argent. Comme lui, il a passé la ligne les mains bien en évidence au-dessus du crâne. Et comme lui, il a suscité la polémique, s’attirant au passage les foudres du Comité Paralympique International (IPC).

« Les manifestations politiques ne sont pas acceptées pendant les Jeux paralympiques »

« On lui a très clairement dit ce matin que les manifestations politiques ne sont pas acceptées pendant les Jeux paralympiques, comme pendant les jeux Olympiques, et qu’il ne devait pas recommencer », a déclaré Philip Craven, président de l’IPC, lors d’une conférence de presse.

L’Éthiopie est actuellement en proie à un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis une décennie, qui a commencé en région oromo (centre et ouest) au mois de novembre et qui s’est étendu à la région amhara (nord).

Des centaines de morts en Éthiopie

La répression violente de ces manifestations, qui viennent remettre en cause le fonctionnement du fédéralisme ethnique, a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis fin 2015 parmi la communauté oromo, estiment des organisations de défense des droits de l’homme.

Si ces gestes symboliques permettent de braquer les projecteurs sur la situation politique en Éthiopie, pas sûr qu’ils soient salutaires pour les athlètes qui osent les esquisser. Bien que le gouvernement ait assuré à Feyisa Lilesa qu’il ne serait pas inquiété pour ses prises de position, l’agent de ce dernier a assuré qu’il « ne rentrera pas en Éthiopie ». En reproduisant son geste, l’athlète paralympique Tamiru Demisse s’est peut-être assuré le même destin.

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