Fermer

RD Congo : l’opposant Vital Kamerhe suspend sa participation au dialogue national

Vital Kamerhe, à Paris, le 20 août 2013. © Vincent Fournier/J.A.

Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), principal parti d’opposition ayant accepté de participer au dialogue avec le pouvoir, a suspendu sa participation, a-t-on appris lundi d'un député de l'UNC. Il proteste contre la volonté du pouvoir de repousser la présidentielle après les élections locales. Une information confirmée par un communiqué signé de Vital Kamerhe lui-même.

Premier accroc au dialogue national. Une semaine après le début effectif de ses travaux, Vital Kamerhe, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et « co-modérateur » du dialogue, a décidé de suspendre sa participation ce lundi 12 septembre à la mi-journée.

La matinée avait pourtant parue paisible. Dans la majorité comme l’opposition, on annonçait un consensus en cours de formation sur la révision du fichier électoral. Les deux parties semblent en effet être tombée d’accord pour une « refonte » totale de ce fichier, vérolé par de nombreuses anomalies.

Cette opération, prévue pour durer 16 mois à compter de mars 2016, doit rendre impossible tout nouveau scrutin avant août 2017. Par cette disposition, l’UNC, principale formation d’opposition ayant accepté de participer à ce dialogue, s’apprêtait donc à avaliser un maintien du président Joseph Kabila au-delà de la fin officielle de son ultime mandat constitutionnel, le 19 décembre 2016 prochain.

Mais la majorité souhaite, de surcroît, commencer par organiser des élections législatives provinciales couplées avec les élections locales. L’élection présidentielle et les législatives auraient, dans ce cas, lieu lors d’un scrutin ultérieur, prolongeant mécaniquement le bail de Joseph Kabila.

« Nous en appelons à la facilitation internationale »

« C’est un véritable point d’achoppement, explique Juvénal Munubo, député de l’UNC. Nous estimons avoir déjà fait une concession importante avec l’acceptation de la refonte du fichier électoral. La majorité présidentielle ne peut pas vouloir tout obtenir. Nous en appelons à la facilitation internationale pour que la priorité soit donnée à la présidentielle ».

Ce dialogue avait pour but de trouver un compromis sur l’organisation de ce cycle électoral. La tenue de la présidentielle dans les délais prévus – c’est-à-dire en novembre prochain – est en effet matériellement impossible selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Mais les principaux partis d’opposition, regroupés au sein d’un « Rassemblement » sous l’autorité d’Étienne Tshisekedi, avaient pour leur part refusé toute participation à ce dialogue dès le départ. Ils refusent notamment d’avaliser le maintien de Joseph Kabila au pouvoir après la fin de son mandat, le tenant pour responsable des retards dans le calendrier électoral.

Au-delà de cette question, le dialogue pourrait aboutir à l’entrée de la fraction de l’opposition qui y a pris part au gouvernement. La répartition des postes au sein de cette future équipe, fait, elle aussi, l’objet de négociation en coulisses, indique un membre de l’opposition. Cela peut, également, expliquer une partie des tensions.

Un autre opposant, Albert Moleka, avait déjà claqué la porte du dialogue vendredi 9 septembre après y avoir pris part, estimant que le pouvoir n’avait pris les nécessaires mesures d’apaisement, notamment la libération des prisonniers politiques et la réouverture de tous les médias d’opposition.

Pour comprendre le positionnement de Vital Kamerhe, retrouvez notre analyse « Souvent Kamerhe varie… » dans Jeune Afrique n° 2905, actuellement en kiosque et disponible au téléchargement.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici