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Ces emplois informels qui réapparaissent chaque année pour l’Aïd al-Adha

Un marché de moutons dans la ville de Khouribga au centre du Maroc, le 7 septembre 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

De nombreux métiers informels prospèrent dans les quartiers des villes maghrébines. Vendeurs de charbon, bouchers, transporteurs... On colle à la demande pour se faire un peu d'argent.

Environ 10 millions de moutons seront scarifiés lundi 12 septembre, jour de l’Aïd al-Adha au Maroc, en Algérie et en Tunisie. La fête ne fait pas uniquement le bonheur des familles mais aussi celui de jeunes vendeurs occasionnels qui, pour récolter un peu d’argent, s’improvisent aiguiseurs de couteaux, transporteurs, vendeurs de charbon…Comme chaque année, c’est la fête de la débrouillardise !

Aiguiseur de couteaux

L’Aïd est l’occasion pour beaucoup de redonner un coup de jeune aux couteaux qui serviront à égorger et découper le mouton. Une aubaine pour les affûteurs-rémouleurs ambulants, plus ou moins spécialistes, qui proposent spécialement leurs services ce jour-là. Et il y a parfois foule devant les machines d’aiguisage, électriques ou manuelles, avec des tarifs qui varient selon la taille de l’ustensile (petit ou grand couteau, hache…).

Vendeur de foin et de charbon

Pour parer aux derniers besoins des moutons et à l’appel des barbecues et méchouis, des vendeurs de charbon et de bottes de foin s’installent sur le bord des routes ou à la sortie des marchés.

Transporteur

Première difficulté, après le choix et l’achat du mouton : son transport jusqu’à la maison ou dans des garages improvisés en étables. Garés autour des marchés et des troupeaux, des « taxis » spéciaux (souvent des pick-up ou des camionnettes) sont là pour cela. Qu’ils n’aient pas de voiture, qu’elle ne soit pas assez grande ou qu’ils ne veuillent pas la salir, plusieurs acheteurs font appel à eux, bien que le prix de la course soit parfois très élevé. D’autres préfèrent alors organiser des co-voiturages entre voisins ou habitants du même quartier.

Boucher

L’Aïd al-Adha, c’est aussi la fête des bouchers. Ces spécialistes de la viande sont très sollicités le jour de la fête, surtout dans les villes, où des pères de famille (seul une personne de sexe masculin peut procéder à l’égorgement selon le rituel musulman) n’ont plus envie de tuer eux-mêmes leurs bêtes pour différentes raisons, dont la principale est le gain de temps. Le jour de l’Aïd, ils font le tour des maisons pour égorger les bêtes selon le rituel d’abattage musulman, les dépiauter et les couper en morceaux. Leurs prix varient en fonction des régions et du poids de la bête. La forte demande a poussé certains jeunes, qui ne sont pas bouchers de profession, à s’initier au métier d’égorgeur. Histoire de se faire un peu d’argent le jour de la fête.

Brûleur de tête de moutons

Pour se faire un peu d’argent de poche, des jeunes allument des feux dans les quartiers populaires. On les voit à chaque coin de rue ce jour de l’Aïd, prêts à recevoir les têtes de moutons à peine égorgés pour les nettoyer de leurs poils. La tête du mouton est un morceau de choix dans les traditions culinaires maghrébines. On le prépare à la vapeur, assaisonné d’épices comme le « Bouzelouf » en Algérie, au four ou dans les couscous.

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