Fermer

Libye : les forces rebelles du général Haftar s’emparent de trois terminaux pétroliers

Par Jeune Afrique avec AFP

De la fumée s'échappe de terminaux de stockage pétroliers en Libye après des combats, le 9 janvier 2016 près de Ras Lanouf. © STRINGER/AFP

Les forces des autorités parallèles basées dans l'est de la Libye ont annoncé lundi avoir pris un troisième terminal pétrolier à une milice loyale au gouvernement d'union (GNA) reconnu par la communauté internationale, après s'être emparées de deux autres terminaux ce week-end.

« Nos forces ont réussi à prendre le contrôle du port de Zoueitina et à le sécuriser entièrement » a indiqué à l’AFP Mohamed al-Azoumi, porte-parole d’une brigade loyale au général Khalifa Haftar, chef proclamé de l’armée liée au gouvernement non reconnu de Tobrouk, basé dans l’est.

Elles avaient déjà pris dimanche les terminaux d’Al-Sedra et de Ras Lanouf, les plus importants du pays, situés dans le Croissant pétrolier, dans l’est.

Les forces des autorités parallèles en Libye ont lancé dimanche une attaque surprise pour prendre le contrôle des principaux terminaux pétroliers du pays, infligeant un revers au gouvernement d’union nationale soutenu par la communauté internationale. L’offensive s’est produite dans le Croissant pétrolier, une région du nord-est qui regroupe l’essentiel des infrastructures économiques de la Libye.

Réaction de Tripoli

Le gouvernement d’union (GNA) a condamné dimanche soir l’offensive surprise lancée par les troupes d’Haftar, qualifiée d’agression flagrante contre les acquis du peuple libyen, qui porte atteinte à la souveraineté nationale. Il a appelé à la mobilisation de ses troupes pour reconquérir les terminaux pétroliers.

Dans un deuxième communiqué, au ton plus conciliant, publié dans la nuit, le GNA a estimé que les attaques contre les terminaux pétroliers étaient contraires au processus de réconciliation engagé dans le pays et risquaient d’entraîner le pays dans un tournant dangereux.

La perte des installations pétrolières risque d’affaiblir encore le Gouvernement d’Union Nationale qui s’est installé en mars à Tripoli. Depuis lors, il peine à asseoir son autorité sur l’ensemble du pays, plongé dans l’instabilité depuis la chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.

Les pro-GNA se concentrent actuellement sur la lutte contre le groupe État islamique (EI), qui s’est implanté dans le pays en 2015. Elles poussent pour le chasser totalement de son bastion de Syrte mais cette offensive, lancée en mai, s’éternise face à la résistance acharnée des jihadistes.

« Le pétrole appartient à tous les Libyens »

Parallèlement, l’ONU supervise un processus politique complexe en vue de rassembler les différents acteurs dans un gouvernement d’union reconnu par tous. Mais ce processus se heurte toujours à l’opposition des autorités rivales basées dans l’est.

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, s’est déclaré préoccupé par ces combats qui, selon lui, vont accentuer les divisions entre Libyens.

( Je m’inquiète suite à des rapports indiquant des combats dans le croissant pétrolier. Cela va accentuer les divisions et diminuer encore les exportations. Le pétrole appartient à tous les Libyens)

L’enjeu de l’or noir

Si la Libye dispose des plus importantes réserves pétrolières d’Afrique, estimées à 48 milliards de barils, elle est paradoxalement le pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qui produit le moins. Entre 2010 et 2016, sa production de brut a été divisée par cinq, passant d’environ 1,5 million de barils par jour à 300 000.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici