Cameroun : Gemalto fournira les cartes d’identité biométriques

La technologie Color in PC doit permettre de rendre "incontestables" les futures cartes d'identité biométriques au Cameroun. © Gemalto

Le groupe français spécialisé dans la biométrie (dont le siège est Amsterdam) va déployer une nouvelle solution de documents d’identité infalsifiable au Cameroun. Le contrat, qui porte sur les cartes d'identité, avait été conclu en juillet 2015 mais n'a été mis en œuvre que récemment. Le français Thalès en était précédemment le fournisseur.

Gemalto, le spécialiste mondial des technologiques biométriques, obtient un nouveau contrat sur le continent. Le groupe, qui détient des bureaux à Rabat (Maroc), Abidjan (Côte d’Ivoire), Libreville (Gabon) et Johannesburg (Afrique du Sud), va soutenir les efforts du Cameroun dans la lutte contre la contrefaçon de papiers d’identité.

Il va réaliser pour le compte de la Délégation générale pour la sécurité nationale (DGSN) des documents d’identité en polycarbonate réputé infalsifiable. Le Français Thalès était précédemment détenteur d’un contrat analogue auprès des autorités camerounaises.

La décision d’attribution du contrat à Gemalto intervient au moment où plusieurs États africains — dont le Sénégal récemment — engagent le renouvellement biométrique des documents nationaux  en application d’une décision de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), visant à faciliter les circulations dans les États membres.

Cette solution baptisée Sealys Color consiste à graver des photos couleur au laser dans le corps même de la carte. Ajouté à la prise d’empreintes digitales, ce procédé doit permettre de rendre « incontestables » ces nouvelles pièces d’identité.

Pour la première fois, et en attendant que l’ensemble des anciennes cartes arrivent au terme de leur validité (après dix ans), les Camerounais vont donc être équipés de cartes d’identité biométriques.

Produites par Gemalto, les cartes vierges sont ensuite acheminées vers le Cameroun pour y être gravées. Si le contrat avec la DGSN a été signé à l’été 2015, le lancement effectif n’a eu lieu que début août dernier.

Avec ce nouveau contrat, « Gemalto franchit le cap des 100 références en matière de programmes gouvernementaux, dans le monde, dont 25 rien qu’en Afrique », selon Charles Mevaa, vice-président Afrique subsaharienne du groupe, interrogé par Jeune Afrique.

La falsification des cartes d’identité est un problème récurrent sur le continent africain. En Guinée, les autorités ont recommencé leur délivrance en avril dernier après l’avoir interrompue pendant un peu plus d’un an en raison de multiples fraudes.

Solide implantation en Afrique

Gemalto est quant à lui très présent depuis quelques années sur le continent africain, où plusieurs pays ont eu recours à ses services. « En termes de programmes gouvernementaux, nous sommes le leader incontesté », explique Charles Mevaa. Au Gabon, le groupe européen a ainsi remporté en février dernier un contrat qui doit lui permettre de déployer son système intégré de contrôle aux frontières.

Parmi les contrats remportés auprès des pays africains par le groupe de sécurité numérique figure aussi la réalisation des passeports biométriques au Maroc, en Algérie et en Afrique du Sud, des cartes de sécurité sociale en Tunisie et en Algérie, des cartes d’identité biométriques au Nigeria, en Algérie et en Afrique du Sud.

Le chiffre d’affaires du groupe a atteint 3,1 milliards d’euros en 2015 (+27 % sur un an), pour un Ebitda de 547 millions d’euros (+14 %) et un résultat net de 303,5 millions d’euros (-4 %).

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