Guinée équatoriale : le FMI craint une croissance négative jusqu’en 2020

Par Jeune Afrique

Vue aérienne du port de Malabo. © Renaud Van Der Meeren / les Éditions du Jaguar

Selon une note du Fonds monétaire international, le PIB de la Guinée équatoriale devrait reculer de près de -10 % cette année, dans un contexte marqué par un prix du pétrole faible et un recul de la production d'hydrocarbures. Sur la base des projections actuelles de l'institution internationale, le pays ne devrait pas retrouver la croissance avant 2021.

C’est un diagnostic assez pessimiste que dresse le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport sur l’économie équato-guinéenne, rendu public le jeudi 08 septembre.

Ce rapport publié à l’issue d’une réunion du conseil exécutif du FMI met en exergue l’impact négatif que la chute des prix du pétrolier depuis mi-2014 a eu sur l’économie du pays, alors même que la croissance était déjà en berne (-0,5 % en moyenne sur la période 2010-2014). Les hydrocarbures représentent 90 % du PIB, 87 % des recettes fiscales et 89 % des exportations de la Guinée équatoriale.

En 2015, le PIB de la Guinée équatoriale a reculé de -7,4 % selon les estimations du FMI. Cette année, cette baisse devrait être de -9,9 % selon la même source. À moins d’un choc positif inattendu, la croissance économique de la Guinée équatoriale devrait rester négative au moins jusqu’en 2020, avant de basculer très légèrement dans le vert :+0,1 % en 2021.

 

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L’étude publiée jeudi met en avant les effets combinés et imbriqués du recul du secteur des hydrocarbures et de l’austérité fiscale sur la conjoncture économique du pays.

La faiblesse des revenus pétroliers et les marges de manœuvre budgétaires limitées impliquent qu’il « faudra de nouvelles réductions des investissements publics, conduisant à une contraction profonde du secteur du BTP et de l’administration publique. […] Il est peu probable que l’économie croisse à moyen terme étant donné le poids encore important des hydrocarbures et de l’impact de la consolidation budgétaire sur les activités hors hydrocarbures », souligne le même document.

Les recommandations du FMI

Malgré l’impact sévère de la consolidation budgétaire sur l’économie, le Fonds recommande néanmoins qu’elle soit maintenue voire accélérée.

« Les administrateurs [du Fonds] ont salué l’ajustement budgétaire déjà en cours, ce qui reflète une plus grande réceptivité aux conseils du FMI, mais ils ont encouragé les autorités [équato-guinéennes] à accélérer le rythme de consolidation. Ils ont été encouragés par les efforts déployés par les autorités pour maîtriser les dépenses courantes et geler les nouveaux projets d’investissement public », indique le document publié jeudi.

Les équipes du FMI estiment que le besoin de réduire les dépenses du pays « devrait diminuer à mesure que la stratégie nationale de développement se réoriente vers le développement des ressources humaines et facilite l’émergence de nouveaux moteurs de la croissance hors hydrocarbures ».