Tunisie : la pluie tant attendue fait des ravages

Par Jeune Afrique

La Tunisie sous la pluie, après des mois de sécheresse. © maritsch28/Pixabay

Désespérément attendue depuis de longues semaines, la pluie a fait un retour en trombe depuis le début de la semaine, prenant le pays par surprise. Alors que certains y voient la providence, d’autres en subissent les conséquences.

À cause notamment du déficit hydraulique de la Tunisie, aggravé par une très faible pluviométrie ces deux dernières années, la SONEDE a dû opérer de nombreuses coupures d’eau cet été, par soucis de rationnement.

Un déficit qui a également poussé le ministère tunisien des Affaires religieuses à appeler à une « Salat El Istisqâa » (prière d’invocation de la pluie) sur tout le territoire. Dans un communiqué publié le 1er septembre, les directeurs régionaux des affaires religieuses, les autorités régionales et les imams ont en effet été appelés à organiser cette prière « au plus vite » pour conjurer la sécheresse.

Appel que le délégué régional de Kébili (gouvernorat du sud-ouest) aurait hésité  suivre, par peur de nuire aux récoltes de dattes. Aussitôt partagée, cette décision gouvernementale a été moquée par une partie des internautes, qui la jugent « absurde », voire indécente. « La Tunisie passe par une crise économique sans précédent, et eux appellent à prier pour la pluie ! », commente une jeune Tunisienne. « Et la danse de la pluie, c’est pour quand ? » demande un autre. Ou encore «Adieu science, rationalité, esprit critique, bonjour crédulité et superstition… »

Évidence météorologique pour les uns, providence pour d’autres, la pluie a finalement pris plusieurs régions de cours depuis le 6 septembre, au grand soulagement des agriculteurs.

Inondations

Mais elle a aussi fait quelques dégâts routiers et matériels. Outre les bouchons dus aux routes rendues quasi-impraticables, les transports en commun ont également subi quelques difficultés, comme l’arrêt temporaire de certaines lignes de métro à Tunis, ou l’inondation de cet ancien bus de la RATP importé par la Tunisie :

Plusieurs quartiers ont été inondés et des nouveau-nés ont été évacués du service maternité de l’hôpital de Bizerte pour cause de fuites :

Des dégâts qui soulignent une fois de plus la nécessité de meilleures infrastructures à travers le territoire, rappellent des citoyens tunisiens.