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Tunisie : comprendre le bras de fer entre le ministère de l’Éducation et les syndicats d’enseignants

Par Jeune Afrique

Une rentrée mouvementée en Tunisie, entre réformes et protestations. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Sit-in, boycott des cours, grève… À peine les vacances terminées, la rentrée scolaire, prévue le 15 septembre en Tunisie, s’annonce déjà compliquée. Explications.

  • Qui proteste ?

Des enseignants venus de différentes régions du pays ont organisé le 5 septembre un « Jour de colère des instituteurs » devant le siège du ministère de l’Éducation, menaçant d’une escalade si leurs revendications n’étaient pas prises en compte.

Parmi eux, des enseignants suppléants en attente d’emplois et des instituteurs dénonçant une surcharge des classes. Avec en première ligne, trois des six syndicats tunisiens de l’éducation : le syndicat général de l’enseignement de base, le syndicat général de l’enseignement secondaire, et le syndicat général des agents de l’éducation relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).

  • Pourquoi ?

Principale revendication du mouvement : la mise en œuvre des accords conclus avec le ministère de tutelle le 5 décembre 2015, relatifs à la régularisation de la situation des instituteurs suppléants sur une période s’étalant entre 4 et 5 ans. Les admis au concours externe de recrutement des professeurs de l’enseignement primaire de la session 2015 protestent notamment depuis plusieurs mois pour des recrutements immédiats.

Regrettant le non-respect de cet accord « en dépit du besoin estimé à 10 000 postes dans les écoles primaires », Mastouri Gammoudi appelle, d’après l’agence TAP, le gouvernement à publier les décrets d’application relatifs à ces accords dans les plus proches délais « pour éviter une année scolaire difficile. »*

Le ministère de la Jeunesse et des Sports est aussi appelé à honorer ses engagements concernant la publication de la liste des promotions professionnelles des professeurs d’éducation physique, et le versement des allocations qui leur sont dues.

  • Quelles actions sont prévues ?

Dans un communiqué datant du 6 septembre, le syndicat général des agents de l’éducation a menacé d’un gel des cours les 20 et 21. Mastouri Gammoudi, secrétaire général du syndicat de l’enseignement de base, a également annoncé une grève générale dans les écoles primaires le 5 octobre. De nouvelles réunions syndicales sont prévues pour le 14 septembre, à la veille de la rentrée.

  • Que répond le ministère de la l’Éducation ?

Invité sur Radio Tunis Chaîne Internationale (RTCI) le 6 septembre, Néji Jalloul a souligné que le droit de grève et le droit au travail sont tous deux constitutionnels, et que « nous seront fermes vis-à-vis des directeurs d’établissements qui empêcheront leurs collègues de travailler. » Il a également déclaré que les jours de grève seront décomptés sur les salaires.

En réponse aux mouvements de protestation des enseignants suppléants, le ministre de l’Éducation a par ailleurs rappelé que 7 000 recrutements ont été effectués pour cette nouvelle année scolaire, et que « la question des recrutements reste tributaire du budget consacré par le ministère des Finances au ministère de l’Éducation. »