L’ayatollah Khamenei appelle les musulmans à reconsidérer la gestion des lieux saints par l’Arabie Saoudite

Par Jeune Afrique avec AFP

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei s'exprime lors d'une conférence à Téhéran, le 1er août 2016. © UNCREDITED/AP/SIPA

Alors que Téhéran et Ryad n'ont pas réussi à trouver un accord concernant la venue des pèlerins iraniens lors du hajj de cette année, le guide suprême iranien a violemment critiqué lundi les dirigeants saoudiens et exhorté les musulmans à reconsidérer la gestion des lieux saints par Ryad.

« Le monde musulman, aussi bien les gouvernements que les peuples, doit connaître les dirigeants saoudiens et leur nature irrévérencieuse, non croyante et dépendante (…) et réfléchir sérieusement à la gestion des lieux saints. Sinon le monde musulman sera confronté à des problèmes plus grands », a écrit M. Khamenei dans son message avant le pèlerinage de La Mecque, dont les Iraniens ont été privés cette année.

M. Khamenei a également critiqué le fait que les pèlerins iraniens ne pourront pas se rendre en pèlerinage à La Mecque cette année alors qu’ils avaient été quelque 60 000 à le faire en 2015. Une décision prise à la suite de la gigantesque bousculade qui a fait l’an dernier environ 2 300 morts, dont 464 Iraniens, sur le site, selon des données compilées à partir de bilans fournis par des gouvernements étrangers.

C’est la première fois depuis presque trois décennies que les pèlerins iraniens sont empêchés de se rendre en Arabie saoudite pour le hajj. Les deux pays n’ont pas réussi à trouver un accord pour l’envoi des pèlerins iraniens à la Mecque, et Téhéran a accusé Ryad d’entraves.

Tensions entre Téhéran et Ryad

L’Arabie Saoudite a rompu ses relations avec l’Iran après l’attaque de son ambassade à Téhéran début janvier par des manifestants qui voulaient protester contre l’exécution du cheikh Nimr, une figure de la contestation chiite contre le régime saoudien sunnite. Ryad a également rompu ses relations commerciales et les liaisons aériennes avec Téhéran.

« Les dirigeants saoudiens, au lieu de présenter des excuses (…) se mettent en position d’accusateurs et révèlent leur animosité ancienne à l’égard de la République islamique d’Iran qui porte le drapeau de l’islam face aux infidèles et à l’oppression », a ajouté M. Khamenei.

Les relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite se sont dégradées ces dernières années, les deux pays s’affrontant sur toutes les questions régionales, notamment à propos de la Syrie, du Yémen, de l’Irak ou encore de Bahreïn.

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