L’argent des Africains : Amine, webdesigner en Tunisie – 466 euros par mois

Par Jeune Afrique

Amine, 31 ans, est designer à Monastir. © unsplash / Pexels / Creative Commons

Amine, 31 ans, occupe le poste de designer dans la ville côtière de Monastir, en Tunisie. Cet emploi, couplé à une aide à l’insertion dans la vie professionnelle, lui rapporte 1150 dinars tunisiens, soit environ 466 euros par mois. Pour ce nouveau volet de la série l’argent des Africains, il a accepté de nous ouvrir son portefeuille.

« Je travaille et je vis à Monastir depuis un an et demi maintenant », explique Amine, heureux de retrouver ses amis le temps d’un week-end dans un café de la capitale. Après des études à l’École supérieure des sciences et technologies du design de Tunis, il intègre, non sans mal, le marché du travail.

Aujourd’hui « user interface designer » (UI Designer) dans une petite société, il s’occupe du design de sites web et d’applications mobiles. « Ça me plaît beaucoup, affirme-t-il. Il y a à la fois un aspect artistique, mais aussi technico-scientifique, avec une petite dose de psychologie et d’étude des comportements humains. »  Mais le jeune homme, qui ne tient jamais en place bien longtemps, n’exclut pas de mettre le cap vers d’autres horizons, en Tunisie ou ailleurs.

Loyer et charges de la maison : 132 euros

« Ce n’est pas toujours facile de vivre seul, mais ça va, je profite de l’indépendance et de la liberté dont j’avais besoin. » Avec 466 euros par mois (405 euros de salaire plus 61 euros versés par le bureau de l’emploi tunisien), Amine gagne plutôt bien sa vie, dans un pays où le salaire minimum mensuel est d’environ 137 euros. Bien installé dans un petit deux pièces pour un loyer de 114 euros par mois, il apprécie le cadre de vie de Monastir, « plus calme, plus paisible et sensiblement moins cher » qu’à Tunis. « Les gens sont moins pressés, il y a de jolies vues panoramiques… Ça a son charme je trouve. » Il paye chaque mois huit euros pour l’eau, l’électricité et le gaz, et 10 euros pour une connexion Internet via une clé 3G.

Nourriture, sorties et transports : autour de 235 euros

Mais le plus gros de son budget est englouti par la nourriture. « Je mange souvent dehors. Je n’ai pas trop le temps, ni le talent, pour cuisiner », confie-t-il. Résultat des courses : environ 130 euros par mois. Côté loisirs, il essaye de se rendre régulièrement dans une salle de sport, où il est abonné pour 14 euros par mois. Il aime aussi sortir avec ses amis, mais ses dépenses varient selon les semaines, selon son humeur, ou selon les événements du moment. « C’est difficile à chiffrer, ça peut varier entre 24 euros et 122 euros par mois. Mais en général ça reste raisonnable, avec une consommation d’alcool plutôt occasionnelle.»

Pour se rendre au travail Amine prend un taxi le matin («à seulement 40 centimes le trajet ! »), et rentre le plus souvent à pied. Deux ou trois fois par mois, il rentre en train (9 euros l’aller/retour) à Tunis pour le week-end, chez sa famille. Ce qui fait un total d’environ 41 euros par mois en transports, en comptant les autres sorties ponctuelles.

Épargne : 81 euros

À moins d’avoir d’autres dépenses imprévues ou spéciales, Amine essaye chaque mois de mettre environ 81 euros de côté. Plus parfois, moins les « mauvais mois ». L’argent économisé lui sert à se faire plaisir ou à améliorer sa qualité de vie, en s’offrant par exemple une bonne guitare, une PS4, des vêtements, ou encore un meilleur lit. Mais l’idée surtout, c’est de pouvoir voyager. « Mon rêve ce serait le Brésil. Mais en attendant, je vais me contenter des pays européens pour lesquels j’obtiendrai un visa… »

________________

Si vous souhaitez participer à notre série, écrivez-nous à argentdesafricains@jeuneafrique.com

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici