En Afrique du Sud, un homicide est commis toutes les demi-heures

Par Jeune Afrique avec AFP

Entre avril 2015 et mars 2016, 18 673 personnes ont été victimes de meurtres ou d'assassinats, contre 17 805 sur la même période l'an dernier. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Les statistiques des meurtres continuent d'augmenter en Afrique du Sud avec 18 673 homicides recensés entre le 1er avril 2015 et le 31 mars 2016. Une hausse de 4,9% en un an constatée par la police sud-africaine, qui publiait vendredi ses statistiques criminelles annuelles.

51  homicides par jour en moyenne, soit un meurtre toutes les 28 minutes, c’est le triste bilan du rapport annuel sur la criminalité en Afrique du Sud publié vendredi par la police. Entre avril 2015 et mars 2016, 18 673 personnes ont été victimes de meurtres ou d’assassinats, contre 17 805 sur la même période l’an dernier. Une augmentation de 4,9 % en un an qui s’inscrit dans la droite ligne des récentes statistiques, puisqu’en quatre ans le nombre d’homicides a grimpé de 20%.

« Culture répandue de la violence »

En tête des provinces les plus dangereuses on retrouve le Natal (3929 meurtres) qui abrite la ville de Durban, suivi de près par le Gauteng (3842), région de Pretoria, et le Cap Occidental (3649). Ces trois provinces, sur les neuf que compte l’Afrique du Sud, concentrent à elles seules plus de la moitié des homicides du pays. Seules les région du Cap oriental et de Free State connaissent des chiffres en baisse.

Sur un an, le nombre de vols de voitures avec violence (ou « car-jacking ») a également augmenté de 14,3%, avec 14 602 cas enregistrés dans ce pays aux très fortes inégalités économiques.

« Nous avons affaire à un énorme problème sociétal », a reconnu le ministre de la Police, Nathi Nhleko, lors d’une conférence de presse au Cap, avant d’ajouter, « ce que ces chiffres disent de nous, les Sud-Africains, est que nous sommes violents, que nous avons une culture très répandue de la violence. Il ne s’agit pas de se demander ce que le gouvernement peut faire, il s’agit de se demander ce que nous pouvons faire », a-t-il ajouté, relevant que de nombreux homicides sont le résultat de violences conjugales.

« La population vit dans la peur »

« Nous devons commencer à faire les choses différemment : le plus important est d’intervenir sur les facteurs qui contribuent à ces violences, ce qui veut dire notamment investir auprès de la jeunesse à risque, s’assurer que les enfants sont en sécurité, résoudre le problème de l’alcool, des armes et de la drogue », a ajouté l’Institut d’études de sécurité (ISS), un think-tank basé à Pretoria, soulignant que le pays souffrait d’un déficit de 50 000 travailleurs sociaux.

Le Congrès national africain (ANC), le parti de Jacob Zuma, l’actuel président sud-africain, a commenté ces chiffres, estimant que la population vivait « dans la peur ».

Pour l’ISS cependant, les derniers chiffres de la criminalité « ne reflètent pas encore les changements positifs » intervenus récemment dans la police, avec notamment la nomination d’un nouveau chef et de 18 officiers expérimentés à des positions clés.

Quelques chiffres du rapport viennent toutefois soutenir cet espoir de changement. En parallèle des statistiques des meurtres, les statistiques de la police montrent une amélioration dans certains autres domaines criminels. Sur l’année écoulée, le nombres de violences sexuelles a notamment diminué de 3,2%, avec 51 895 cas enregistrés en Afrique du Sud, où le viol demeure malgré tout un immense problème.