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Mauritanie : Dah Ould Abeid et 2 autres militants anti-esclavagistes condamnés à 2 ans de prison

Biram Ould Dah Ould Abeid sortant de prison, le 3 septembre 2012 à Nouakchott. © AFP Stringer

Trois militants anti-esclavagistes de Mauritanie, dont l'ex-candidat à la présidentielle Biram Ould Dah Ould Abeid, ont été condamnés jeudi à deux ans de prison ferme.

"Nous allons faire appel", a assuré Brahim Ould Ebetty, chef du collectif des avocats de la défense. Parmi ses clients, sept ont été relaxés et trois condamnés jeudi 15 janvier par la Cour correctionnelle de Rosso (sud de la Mauritanie) à deux ans de prison ferme, notamment pour appartenance à une organisation non reconnue. Il s’agit de Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA, anti-esclavagiste) et candidat malheureux à la présidentielle de 2014, son adjoint Brahim Ould Bilal Ramdane, et Djiby Sow, président de l’association Kawtal Ngam Yellitaare (Rassemblement pour le progrès, en langue peule) qui milite pour les droits civiques et culturels.

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Lors des audiences du procès qui s’était ouvert le 24 décembre à Rosso, le procureur de Rosso avait requis cinq ans de prison ferme et des amendes financières contre tout le monde, en plus de la confiscation des biens de leur organisation, d’après un autre avocat de la défense, Yarba Ould Ahmed Saleh. Seuls deux des accusés, dont Djiby Sow, ont comparu en liberté sous contrôle judiciaire. Les huit autres, dont Biram Ould Dah Ould Abeid, sont détenus depuis mi-novembre, lorsqu’ils ont été arrêtés à Rosso alors qu’ils menaient une campagne pour dénoncer l’esclavage en Mauritanie.

L’esclavagisme perdure

Officiellement, l’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d’esclavagisme y encourent des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. Le phénomène perdure néanmoins, selon des ONG. Les militants avaient été mis en examen pour appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, appel à rassemblement non autorisé et violence contre la force publique. Le siège de l’IRA à Nouakchott avait été fermé le 12 novembre par la police.

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(Avec AFP)