La population des éléphants des savanes a diminué de 30% entre 2007 et 2014

Par Jeune Afrique avec AFP

La carcasse d'un éléphant empoisonné le 27 septembre 2013, au Zimbabwe. © Philimon Bulawayo/Reuters

Selon un recensement panafricain d'envergure publié mercredi, les savanes se sont largement dépeuplées de leurs éléphants entre 2007 et 2014. Et le phénomène s'accélère encore.

C’est l’un des animaux emblématiques du continent, et pourtant, il se fait de plus en plus rare en Afrique. Selon une étude panafricaine effectuée dans 18 pays, la population des éléphants des savanes a diminué de 30% entre 2007 et 2014. Les 286 observateurs engagés dans ce projet pharaonique de recensement ont comptabilisé exactement 352 271 éléphants lors de leurs reconnaissances en avion. Soit 30% de moins que la population estimée en 2007.

Des perspectives inquiétantes

Le but de cette étude : établir une base de données fiable et aussi précise que possible pour les futures recherches sur les populations d’éléphants. Avec, in fine, l’espoir de mieux protéger ces animaux, cible privilégiée de braconniers friands d’ivoire.

Mais à la lecture des résultats, les chercheurs engagés dans la lutte pour la sauvegarde de l’espèce ont sonné l’alarme. « Nous avons réalisé une enquête d’une ampleur colossale, et ce que nous avons trouvé est profondément inquiétant », a déclaré Paul Allen, cofondateur de Microsoft et philanthrope ayant financé le projet à hauteur de 7 millions de dollars (6,3 millions d’euros).

Et pour cause, le recensement, qui a débuté en décembre 2013 et nécessité 463 000 kilomètres de vol, révèle une tendance peu réjouissante : le déclin de la population des éléphants des savanes s’accélère, puisqu’il atteint actuellement 8% par an. Il frappe tout particulièrement l’Angola, le Mozambique, la Tanzanie, le nord-ouest de la RDC et le nord du Cameroun.

Qu’en est-il des autres espèces animales ?

Maigre motif de satisfaction, l’Afrique du Sud, le Botswana et l’Ouganda parviennent en revanche à maintenir un niveau stable de leurs populations d’éléphants. Pour certains professionnels du milieu, l’enjeu est de taille car, comme le souligne Mike Chase, de l’organisation Éléphants sans frontières : « Si nous ne pouvons pas sauver les éléphants, quel espoir y a-t-il pour le reste de la faune sauvage africaine? » À noter qu’une étude similaire devrait être bientôt lancée sur les éléphants des forêts africaines.