Charles Boamah (BAD) : « Les Japonais ont beaucoup à apporter à l’Afrique »

Par - Envoyé spécial à Nairobi

Charles Boamah (g.) et Akihiko Tanaka, ancien président (2012-2015) de l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA), à Londres le 19 juillet 2016, lors d'une conférence consacrée à la coopération entre Tokyo et les pays africains. © Gouvernement du Japon/www.japan.go.jp

La Banque africaine de développement (BAD) a été l’un des principaux acteurs de la 6e Conférence de Tokyo pour le développement en Afrique (Ticad VI), organisée les 27 et 28 août à Nairobi. Charles Boamah, vice-président pour la finance de la BAD, a répondu aux questions de "Jeune Afrique" sur la place de l'institution panafricaine dans la coopération entre le Japon et les pays du continent.

La Banque africaine de développement a signé plusieurs accords de coopération avec des partenaires japonais, durant la Ticad VI, organisée à Nairobi, au Kenya.

Elle a également été citée dans le discours du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, comme l’un des principaux soutiens de l’ambitieux programme de coopération entre le Japon et l’Afrique dévoilé à Nairobi. Charles Boamah, vice-président pour la finance de la BAD, décrypte le rôle qu’entend jouer l’institution panafricaine aux côtés du Japon.

Jeune Afrique : La BAD a signé un protocole d’accord avec l’Organisation japonaise pour le commerce extérieur (JETRO). Quel est son contenu ?

Charles Boamah : C’est essentiellement une reconnaissance officielle des relations déjà tissées ces dernières années entre nos deux organisations.

Plus important, nous avons également signé un accord intitulé EPSA (Enhanced private sector assistance for Africa) avec le gouvernement japonais, sur une période de trois ans. Cette convention vise à supporter le développement du secteur privé sur le continent et elle s’appuie sur le cofinancement des projets que nous initions et auxquels le Japon souhaite contribuer.

Tokyo s’engage également à apporter son assistance technique, notamment en matière de formation des ressources humaines.

Qu’entend le Premier ministre japonais lorsqu’il parle de « soutien de la BAD » au programme d’appui de 10 milliards de dollars en faveur du continent qu’il a promis lors de la séance plénière de la Ticad VI à Nairobi ?

Notre rôle va surtout être de mettre en place les synergies nécessaires pour que cet argent (ainsi que les ressources déjà promises par les autres pays partenaires de l’Afrique) soit bien utilisé, dans le respect des priorités définies par la Banque africaine de développement – qui répondent aux intérêts et aux objectifs de nos pays membres.

Les Japonais ont beaucoup à apporter en matière d’infrastructures de qualité, notamment énergétiques, un volet identifié par la BAD comme l’un des secteurs clés pour le développement du continent.

Le fait que la Ticad ait été organisée pour la première fois en Afrique marque-t-il une évolution importante pour l’ensemble du processus de coopération ?

Bien sûr! De même que le fait que le cycle des conférences a été réduit de cinq ans à trois ans. Cela va bien au-delà du symbole. C’est en effet, comme les Japonais le répètent, la preuve que l’Afrique prend possession de l’agenda TICAD.

Les entrepreneurs japonais ont une bien meilleure perception de ce qu’est réellement la situation en Afrique.

Le Premier ministre japonais a appelé le secteur privé de son pays à investir massivement en Afrique dans les trois prochaines années. Que pensez-vous de l’implication des entreprises nippones sur le continent ?

Le secteurs privé japonais est présent depuis longtemps en Afrique, même s’il l’a fait peut savoir, jusqu’ici.

Mais cela est en train de changer.

Je constate surtout un grand appétit de la part des entreprises privées japonaises pour les marchés africains qu’elles connaissent beaucoup mieux aujourd’hui que dans un passé encore récent.

Les entrepreneurs japonais ont une bien meilleure perception de ce qu’est réellement la situation en Afrique. Et je peux dire que la BAD a largement contribué à ce changement, en fournissant les informations et en diffusant les connaissances qui les ont aidés dans leurs prises de décision.

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