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Ticad VI : le Japon « en première ligne  » pour soutenir l’Afrique

Par - Envoyé spécial à Nairobi

Shinzo Abe, le premier ministre Japonais, à l'ouverture de la Ticad V, en juin 2013 à Yokohama. © Itsuo Inouye/AP/SIPA

La sixième édition de la Conférence de Tokyo pour le développement en Afrique (Ticad VI), qui se déroule pendant deux jours à Nairobi, a officiellement ouvert ses portes le 27 août.

Pour l’occasion, le Premier ministre nippon, Shinzo Abe, a fait le voyage au Kenya, pour ouvrir les débats, en présence de 32 chefs d’Etats africains, ainsi que des secrétaires généraux de la Banque mondiale et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Shinzo Abe en a profité surtout pour renouveler l’engagement du Japon en Afrique, en présentant tout un ensemble de mesures visant à assurer la qualité du développement à travers le continent, sa résilience et sa stabilité, selon les priorités définies par le chef de gouvernement japonais pour le cycle des trois années à venir.

Un poste africain au Conseil de sécurité des Nations Unies

Shinzo Abe a néanmoins surpris en démarrant son discours sur l’absence de tout membre permanent issu du continent africain au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Militant avec constance pour que son pays siège au sein de l’instance suprême onusienne, ce qui pour de nombreux observateurs expliquerait l’investissement actuel du Japon en Afrique, Shinzo Abe a défendu le droit de l’Afrique à disposer d’un tel fauteuil et a assuré le continent de son « soutien total », faisant de la réforme du Conseil de sécurité, « un objectif commun pour le Japon et l’Afrique ».

10 milliards de dollars d’ici à 2018

Le reste a été beaucoup plus diplomatiquement correct. Même si les montants promis par le Japon d’ici à la Ticad VII restent conséquents. Shinzo Abe s’est engagé à ce que son pays investisse 10 milliards de dollars d’ici à 2018, avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD), dans le développement d’infrastructures, notamment dans le secteur énergétique.

L’initiative ABE (African Business Education Initiative for Youth), destinée à la formation des ressources humaines du continent, comptera un nouvel axe dirigé vers l’encadrement intermédiaire, avec l’objectif – ambitieux – de former 30 000 personnes dans les deux ans.

Pour améliorer la résilience du continent, le Japon s’engage aussi à former 20 000 spécialistes de la santé pour faire face aux maladies infectieuses. Il compte également mettre en place un fonds de 500 millions de dollars pour renforcer les systèmes de santé en Afrique, avec le soutien de la Banque mondiale. Le Japon souhaite également étendre la couverture de santé universelle (CSU) à travers le continent.

Shinzo Abe a annoncé la création d’un Forum économique public-privé nippo-africain.

Liens entre secteurs publics et privés

Pour l’aider dans sa tâche, Shinzo Abe compte bien s’appuyer sur le secteur privé japonais, appelé à contribuer de son côté à hauteur de 20 milliards de dollars supplémentaires.

Pour renforcer les liens entre secteurs publics et privés, aussi bien en Afrique qu’au Japon, le Premier ministre a annoncé la création d’un Forum économique public-privé nippo-africain.

Cette institution, appelée à siéger de façon permanente, réunira ministres et patrons d’entreprises et d’autres organisations économiques, « pour que les compagnies japonaises et africaines travaillent davantage ensemble ». Pour montrer l’exemple, le Japon et le Kenya ont signé durant cette Ticad un accord d’investissement, alors qu’une convention fiscale est en discussion.

Les négociations ont également été ouvertes avec la Côte d’Ivoire pour le même type d’accord. Une bonne nouvelle pour Alassane Ouattara, particulièrement souriant, lors de la photo de famille prise sur les marches du Kenyatta International Convention center (KICC) de Nairobi, à l’issu de la séance plénière qui a réuni les chefs d’État le 27 août.

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