Nigeria : deux explosions secouent un marché dans le nord-est

Par AFP

Des habitants viennent voir le lieu où est survenu un attentat suicide meurtrier à Potiskum. © AFP

Deux explosions ont secoué dimanche un marché bondé de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria, une ville déjà touchée samedi par un attentat à la voiture piégée, selon des habitants.

Les explosions ont eu lieu sur le marché Kasuwar Jagwal, spécialisé dans la téléphonie mobile, à 15H10 locales (14H10 GMT), un moment de la journée où le marché est très fréquenté dans la capitale économique de l’Etat de Yobé. Aucun bilan de victimes n’est encore disponible.

"La première explosion est survenue en plein coeur du marché et la seconde juste à l’entrée, alors que la foule se précipitait à l’extérieur", a expliqué à l’AFP un témoin, Ibrahim Dambam.

On ignore encore si les deux attentats ont été provoqués par des kamikazes ou des explosifs cachés dans le marché.

Des téléphones neufs et d’occasion sont vendus et réparés sur ce marché qui, le dimanche, attire de nombreux clients et vendeurs venant de l’Etat de Yobe, et même au-delà.

Des clients paniqués ont pris la fuite tandis que les vendeurs ont abandonné leurs étals, tant sur le marché de téléphonie mobile que sur le marché principal situé juste à côté.

Les forces de sécurité ont bouclé le site, qui a été complètement déserté par la population, a précisé un autre témoin, Badaru Isa.

"Personne ne peut dire combien de personnes ont été touchées par les explosions car tout le monde a fui la zone juste après la déflagration", a-t-il ajouté.

Samedi, dans la même localité, un policier a été tué dans l’explosion d’une voiture piégée à l’entrée d’un poste de police.

A une centaine de km à l’est, dans la ville de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, une autre attaque, plus meurtrière, a eu lieu samedi. Au moins 19 personnes ont péri, et 18 blessées, lorsqu’une bombe fixée sur une fillette d’une dizaine d’années a explosé dans un marché bondé.

L’explosion n’a pas été revendiquée mais Boko Haram qui ravage la région depuis 2009 est fortement suspecté. En effet depuis le début de son combat pour imposer un Etat islamique rigoriste au Nigeria, le groupe rebelle a multiplié le recours à des femmes et des fillettes pour mener des attentats.

L’utilisation de voitures piégées et les explosions provoquées par des charges déposées au coeur de lieux bondés portent aussi la marque de Boko Haram depuis six ans.

En novembre 2014, une femme kamikaze a causé la mort de 12 personnes sur un autre marché de téléphonie mobile dans la ville d’Azare, dans l’Etat voisin de Bauchi.

Potiskum a également été le théâtre de nombreuses attaques perpétrées par le groupe Boko Haram, avec notamment 15 morts en novembre 2014 lors d’une grande procession chiite. Une semaine plus tard, un kamikaze s’était fait sauter dans un lycée, tuant 58 personnes et en blessant plus d’une centaine.

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