Nigeria : les banques sommées de donner la priorité au secteur manufacturier

Par Jeune Afrique

Billets de nairas, émis par la Banque centrale nigériane, gardienne de la politique monétaire et régulatrice du secteur bancaire. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Deux mois après la mise en oeuvre d’un taux de change fluctuant du naira, rompant avec une politique de strict contrôle face au dollar, et alors que le pays voit sa croissance ralentir et ses réserves en dollars diminuer, la Banque centrale du Nigeria se fait plus pressante vis-à-vis des banques commerciales du pays.

Dans une circulaire consultée par Reuters mardi, la Banque centrale du Nigeria appelle les établissements de crédit à allouer au minimum 60% de leurs achats de devises étrangères aux industriels du secteur manufacturier implantés au Nigeria, qui en dépendent directement pour une partie de leur approvisionnement depuis l’étranger.

Or le dollar se fait plus rare et plus cher. Jeudi 18 août, déjà, la monnaie nationale, le naira, cotait à un plus bas historique de 365,25 nairas pour un dollar — contre 197-199 avant l’instauration d’un cours flottant.

Et les réserves en dollars de la Banque centrale sont pour leur part tombées à 25,78 milliards de dollars, alors qu’elles étaient supérieures à 40 milliards de dollars avant la chute en 2014 des cours du pétrole, dont le pays membres de l’OPEP est tributaire (90% de ses réserves en devises étrangères proviennent des exportations de pétrole).

Au moins 60% des devises étrangères aux importations du secteur manufacturier

Pour pallier la rareté du billet vert, qui avait par exemple amené la chaîne de magasins de vêtements sud-africaine Truworths à fermer ses boutiques en février, « les prêteurs autorisés sont invités à allouer au moins 60% de leurs achats en devises étrangères, toutes sources confondues, aux clients finaux seulement à l’usage de l’achat de matières premières ou de machines », est-il indiqué dans cette circulaire, datée du 22 août et citée par Reuters mardi.

L’autre objectif est de raccourcir les délais d’obtention de dollars des entreprises qui à l’heure actuelle peuvent s’étaler sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, et ralentissent d’autant l’activité au moment où la menace de récession est grandissante.

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