Soudan du Sud : Kerry persiste et signe pour le déploiement d’une « force régionale de protection » onusienne

Par Jeune Afrique avec AFP

Le secrétaire d'État américain John Kerry discute avec les membres du ministère des affaires étrangères kényans lors de sa visite à Nairobi, le 22 août 2016. © THOMAS MUKOYA/AP/SIPA

Le secrétaire d'État américain John Kerry a insisté ce lundi 22 août à Nairobi sur la nécessité de déployer une "force de protection" onusienne, composée de troupes africaines, dans la capitale du Soudan du Sud, Djouba, théâtre de violents combats en juillet.

« Il ne fait absolument aucun doute que nous devons aller de l’avant avec le déploiement de la force régionale de protection », a déclaré John Kerry à la presse, à l’issue d’une rencontre avec cinq ministres des Affaires étrangères d’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan, Soudan du sud).

De son côté, la ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a déclaré que « le plus tôt serait le mieux » pour le déploiement de cette force qui doit comprendre 4 000 hommes et dont la création a été votée le 12 août par le Conseil de sécurité des Nations unies. La ministre kényane a évoqué « un déploiement graduel » de la force sans pour autant donner de date.

« Je veux insister sur ce point : il ne s’agit pas d’une force d’intervention mais d’une force de protection avec un mandat très clair pour lui permettre de protéger la population (…) Cela vient en complément de la souveraineté et des efforts du Soudan du Sud lui-même », a pour sa part martelé John Kerry.

Djouba craint pour sa souveraineté

Le président sud-soudanais Salva Kiir et son nouveau vice-président Taban Deng ont fait part de leur refus total puis, plus récemment, de leurs réticences devant le déploiement annoncé de ces nouveaux Casques bleus qui, disent-ils, sape la souveraineté du Soudan du Sud.

Des combats à l’arme lourde début juillet à Djouba ont opposé les troupes du président Kiir à celles loyales à l’ex-chef rebelle Riek Machar, faisant plusieurs centaines de morts.

Ces combats ont mis en péril un fragile accord de paix signé en août 2015 pour tenter de mettre un terme à une guerre civile dévastatrice débutée fin 2013, moins de deux ans après l’accession à l’indépendance du pays.

Dans la foulée des combats de juillet, Riek Machar avait fui Djouba et été évincé de son poste de vice-président, remplacé par Taban Deng.

Riek Machar a depuis trouvé refuge en République démocratique du Congo et se dit prêt à rentrer à Djouba lorsque la nouvelle force de protection onusienne, qui viendra en appui de la Mission de l’ONU au Soudan du Sud, sera déployée dans la capitale.