MTN va céder 729 millions de dollars d’actions à des investisseurs noirs

Par Jeune Afrique

MTN réalise un tiers de son chiffre d'affaires au Nigeria. © Siphiwe Sibeko/Reuters

Le groupe télécoms sud-africain va céder 4 % supplémentaires de son capital à des investisseurs sud-africains noirs, en conformité avec les quotas imposés par le gouvernement.

MTN Group va vendre des actions d’une valeur de 9,9 milliards de rands (729 millions de dollars), pour une participation de 4 % à son capital, à des investisseurs sud-africains noirs, afin de respecter les règles du Black Economic Empowerment.

Ces dernières incluent notamment des quotas sur l’accès au capital des entreprises par la majorité noire du pays, exclue des grands secteurs de l’économie et de la finance durant le régime de l’Apartheid.

Véhicule d’investissement dédié

La souscription à ces actions, inclues dans le véhicule d’investissement dédié MTN Zakhele Futhi, se fera via une offre publique en septembre.

Ces actions seront cédées à 102,80 rands l’unité, soit une décote de 20 % par rapport au prix de clôture de titre MTN le vendredi 19 août. Cette nouvelle offre portera à plus de 30 % la participation indirecte des investisseurs noirs dans les opérations sud-africaines de MTN.

En 2015, le conseil d’administration de MTN comptait notamment 7 Sud-Africains noirs, 3 Sud-Africains blancs.

Quotas et controverses

Le renforcement de la participation des Sud-Africains noirs dans l’économie, la finance et le capital des grades entreprises du pays est un des objectifs majeurs fixés par l’ANC dès 1994. Le respect de ces règles conditionne entre autres l’accès à certains appels d’offres du secteur public.

Cette politique provoque parfois des tensions et des controverses dans les hautes sphères de la communauté économique et financière en Afrique du Sud.

En mars 2015, la Bourse de Johannesburg et le gouvernement de Jacob Zuma s’étaient opposés sur le niveau réel de la participation des investisseurs noirs au capital des grandes entreprises cotées sur la place forte sud-africaine.

Selon le Johannesburg Stock Exchange (JSE), les Sud-Africains noirs détenaient à l’époque au moins 23 % des 100 premières entreprises cotées à Johannesburg (10 % directement et 13 % indirectement), contre 22 % pour les Sud-Africains blancs et 39 % pour les investisseurs étrangers. Pour le gouvernement sud-africains en revanche, la participation directe des investisseurs noirs sur l’ensemble du JSE n’atteignaient que 3 %.

Début 2016, une autre controverse a éclaté entre Pretoria et les groupes miniers, le gouvernement sud-africain insistant notamment sur une participation de 26 % des investisseurs noirs au capital des entreprises minières, à défaut de quoi, ces dernières pourraient perdre des permis et des concessions. Une règle jugée trop stricte et contraignante par la Chambre des mines de l’Afrique du Sud.

Population

Selon le dernier recensement (2011) de la population sud-africaine, le pays comptait 51,77 millions d’habitants, dont 79,2 % de Noirs, 8,9 % de Blancs, 8,9 % de « Coloured » (métis) et 2,5 % de Sud-Africains d’origine indienne ou asiatique.

Le taux de chômage atteignait 30,5 % chez les Sud-Africains noirs, 41,5 % chez les Sud-Africaines noires, contre 8,1 % chez leurs compatriotes blancs et 12,5 % chez leurs compatriotes blanches